«Même lorsqu'ils tuent, les djihadistes sont convaincus de faire le bien»
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Les Français jihadistes Qui sont les citoyens en rupture avec la République? Pour la première fois ils témoignent David Thomson Acheter le livre
David Thomson est journaliste à RFI. En mars 2014, il publiait Les Français jihadistes, une vaste enquête–la seule à ce jour sur ce sujet– fondée sur une vingtaine d’entretiens avec des jeunes Français ayant décidé de partir combattre en Syrie. Votre livre demande «Qui sont ces citoyens en rupture avec la République»? Au-delà de la rupture avec la République, observez-vous des régularités dans les profils sociaux des djihadistes que vous avez interrogés? David Thomson: Ce qu’il faut prendre en compte avant tout, c’est qu’il n’existe pas de statistiques sur ce sujet, et que la sociologie n’est pas tout à fait la même pour les hommes et pour les femmes. Pour les hommes, on a clairement une majorité de personnes qui ont grandi dans les quartiers populaires français, ce qui ne veut pas dire qu’on ait une majorité de personnes désocialisées. Au contraire, un grand nombre étaient bien installés dans la vie active, avec une famille et des salaires corrects voire supérieurs à la moyenne nationale, avant de tout quitter pour partir en raison de leurs convictions religieuses ou politiques. D’autres jeunes hommes ou jeunes femmes viennent par ailleurs des classes moyennes, ou du monde rural: c’est par exemple le cas de celle que j’appelle «Clémence», qui s’est convertie après ... Lire la suite
David Thomson est journaliste à RFI. En mars 2014, il publiait Les Français jihadistes, une vaste enquête–la seule à ce jour sur ce sujet– fondée sur une vingtaine d’entretiens avec des jeunes Français ayant décidé de partir combattre en Syrie. Votre livre demande «Qui sont ces citoyens en rupture avec la République»? Au-delà de la rupture avec la République, observez-vous des régularités dans les profils sociaux des djihadistes que vous avez interrogés? David Thomson: Ce qu’il faut prendre en compte avant tout, c’est qu’il n’existe pas de statistiques sur ce sujet, et que la sociologie n’est pas tout à fait la même pour les hommes et pour les femmes. Pour les hommes, on a clairement une majorité de personnes qui ont grandi dans les quartiers populaires français, ce qui ne veut pas dire qu’on ait une majorité de personnes désocialisées. Au contraire, un grand nombre étaient bien installés dans la vie active, avec une famille et des salaires corrects voire supérieurs à la moyenne nationale, avant de tout quitter pour partir en raison de leurs convictions religieuses ou politiques. D’autres jeunes hommes ou jeunes femmes viennent par ailleurs des classes moyennes, ou du monde rural: c’est par exemple le cas de celle que j’appelle «Clémence», qui s’est convertie après ... Lire la suite