"Sur ce Dakar, j'ai pris ma revanche", savoure Fabien Domas, le pilote de Sauxillanges
Il l’a fait ! Fabien Domas, s’était promis de terminer le Dakar, pari tenu pour le pilote sauxillangeois de 50 ans, engagé pour la deuxième fois sur la course mythique à travers les dunes et pistes piégeuses d’Arabie Saoudite. "Sur ce Dakar, j’ai pris ma revanche !", se réjouit le motard qui avait été contraint d’abandonner la compétition après une lourde chute, en 2023. Éreinté, mais heureux, Fabien Domas a livré ses impressions d’après course.
Près de 17 heures au guidon de sa motoAu premier jour, dès que le chrono a été déclenché, la machine infernale était lancée, explique-t-il. L’amplitude horaire était incroyable, notamment sur la liaison de 900 km entre deux spéciales.
Sur cette étape, la septième, Fabien Domas, se souvient avoir été littéralement lessivé. On devait franchir des dunes incroyables, gigantesques. En fin de journée, je suis tombé dans le sable et les camions ont commencé à me doubler. Et là, ce n’était pas bon?!
Mias le Puydômois n’a rien lâché. "En moyenne, je montais sur la moto à 3h30 du matin et, sur certaines étapes, j’arrivais vers 20h30." Soit jusqu’à 17 heures de course ! Une véritable épreuve pour le corps, l’esprit et la mécanique.Le pilote moto a vécu une aventure inoubliable. (photo A.S.O./Frédéric Le Floc’h/DPPI). Grâce à l’expérience acquise sur sa première participation, et surtout le rallye du Maroc où il a décroché la première place (catégorie vétérans en octobre 2023), Fabien Domas a su gérer sa 450cm3 Gasgas Rally Replica et se concentrer sur la navigation.
L'aventure, comme dans les années 1980Résultat : après plus de 8.000 km de pistes et de franchissements de dunes dans le désert saoudien, le compétiteur a engrangé des souvenirs impérissables. Une étape l’a particulièrement marqué : "l’empty quarter". Pour la 46e édition du Dakar, les organisateurs avaient décidé de renouer avec l’esprit d’aventure des premières éditions, dans les années 1980.
On a parcouru 600 km sur deux jours au milieu d’une immensité de dunes. Si je me décalais de 200 mètres de la trace, c’était très difficile de la retrouver. À un moment, le moteur de la moto a surchauffé et j’ai perdu le bouchon du radiateur dans le sable. Je l’ai heureusement retrouvé, mais j’aurai pu abandonner. Le soir, on s’est retrouvés entre pilotes autour du feu pour dormir à la belle étoile. C’était magique.
Il en a bavé, mais la chance lui a enfin souri.
Vendredi 19 janvier, Fabien Domas a passé la ligne d’arrivée avec beaucoup d’émotions. "Les 10 derniers kilomètres, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer. C’est à ce moment-là que j’ai compris que j’avais vécu un truc extraordinaire. J’ai réalisé mon rêve", avoue-t-il. Une expérience à renouveler ? Pour l’instant, le pilote veut savourer sans penser à l’après. "C’est beaucoup de sacrifices, surtout pour ma famille et puis, physiquement, ça pique !"
142 pilotes moto étaient au départ de cette 46e édition du Dakar. 103 ont finalement passé la ligne d’arrivée. Fabien Domas a terminé à la 64e place au classement général, 13e français et 9e dans la catégorie vétérans.
David Allignon
