Hollande et les attaques chimiques en Syrie: «On n’a pas frappé… et il y a Daech»
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C'est sans doute l'un des moments les plus importants du quinquennat que les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme revisitent dans leur série en six épisodes sur les secrets de la présidence Hollande: le jour où celui-ci, lâché par Barack Obama, a dû renoncer à son projet de bombarder la Syrie en représailles pour l'attaque chimique menée dans la Ghouta le 21 août 2013. Et ce alors que le président américain avait lui-même fait d'une attaque chimique une «ligne rouge» dans l'attitude de la communauté internationale envers le régime de Damas.
Revisitant ce moment devant les auteurs, au printemps 2015, Hollande lâche, avec regret: «Ce que je peux dire, c’est qu’on n’a pas frappé… et il y a Daech.» (tout en reconnaissant que, en cas d'attaque, Daech aurait peut-être pu quand même émerger et s'affirmer). «Si l’on n’inflige rien pour un acte comme celui-là, on ne fera plus rien après», expliquait-il aux mêmes un an et demi plus tôt, à la veille d'une conversation décisive avec Barack Obama, qui allait voir ce dernier retarder une éventuelle action pour demander un vote de soutien très incertain du Congrès, après le refus du Parlement britannique de suivre David Cameron. Tout était pourtant prêt: les deux journalistes du Monde détaillent aussi le contenu d'un mémo «confidentiel défense» qui figurait sur le bureau du président français le 30 août, la veille de sa conversation avec Obama, et détaillait ... Lire la suite