Brexit: le silence d'Elizabeth II et la «mystique royale»
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L’absence totale de prise de parole de la part de la reine, sur un sujet qui touche pourtant au cœur de la fonction qui est la sienne, celle de souveraine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, a quelque chose de surprenant. Elle est pourtant passée presque inaperçue de l’autre côté de la Manche tant les Britanniques ont intégré les principes essentiels du régime. La reine règne, mais non seulement elle ne gouverne pas, elle n’est pas censée prendre position sur quoi que ce soit. C’est ainsi, cela ne se discute pas.
Elle aurait pu dire qu’elle entendait préserver l’intégrité de son royaume, menacée par les tendances séparatistes des Écossais, voire des Londoniens (mais là, il s’agit d’une blague), les uns et les autres ayant voté majoritairement pour le maintien dans l’Union européenne. Elle ne l’a pas fait. Les souverains d’autres pays européens, l’Espagne, les Pays-Bas ou la Belgique, par exemple, auraient probablement réagi d’une tout autre manière. Pas ça, pas elle.
Elle est restée silencieuse et s’est même abstenue de tout geste symbolique qui aurait pu, après décryptage, signifier où penchait son cœur. Simplement a-t-elle commentée: «Je suis toujours vivante». La reine est restée obstinément hors du débat. Avant et après. Elle est au-dessus, ou ailleurs, comme il vous plaira. Ses sujets ont apprécié. Ils connaissent les règles. Elle aussi.
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