Chine: un groupe industriel condamné pour pollution, suite à une nouvelle loi
Un grand groupe industriel chinois, fabricant de verre, a été condamné à payer une amende de 3 millions d'euros pour des niveaux de pollution excessifs, après une plainte déposée par une organisation environnementale --un cas inédit rendu possible par une nouvelle législation.
Jinghua Group Zhenhua Decoration Glass, basé dans la province du Shandong (est), devra payer près de 22 millions de yuans (3 millions d'euros) en raison d'émissions excessives de polluants, et faire des excuses publiques, selon le verdict de la Cour populaire intermédiaire de la ville de Dezhou, visible jeudi sur le compte officiel de microblogs du tribunal.
Le cas était jugé emblématique par les ONG environnementales du pays: la procédure en justice contre Jinghua Group avait été initiée en mars 2015 par l'association affiliée au gouvernement, All-China Environment Federation.
Or, il s'agissait de la toute première plainte depuis l'entrée en vigueur début 2015 d'une nouvelle loi facilitant le lancement de poursuites contre des entreprises polluantes de la part d'ONG défendant l'intérêt général.
Le fabricant de verre incriminé a émis des centaines de tonnes de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote et de poussières polluantes au-delà des niveaux maximaux fixés par les règlements chinois, a insisté le tribunal dans sa décision.
Le régime communiste a tenté d'intensifier les poursuites judiciaires visant les industries polluantes, mais ses efforts sont compliqués par une corruption endémique, des inspections encore sporadiques et le faible niveau des amendes, pas assez dissuasives.
La pollution atmosphérique n'a que peu reculé au deuxième trimestre dans le pays, a annoncé mercredi l'ONG Greenpeace, qui note pourtant --en se basant sur les chiffres du ministère de la Protection de l'environnement-- une modeste amélioration de l'air sur un an dans la plupart des métropoles chinoises.
Cependant, les 359 villes examinées par Greenpeace --celles dont les données étaient disponibles pour les six premiers mois de 2016-- demeurent encore fortement affectées, victimes pour beaucoup de brouillards polluants à répétition.
Pour les trois-quarts d'entre elles, la concentration de particules de 2,5 microns de diamètre (PM 2,5) --particulièrement dangereuses car elles pénètrent profondément dans les poumons-- dépasse encore le niveau maximal de 35 microgrammes par m3 fixé par le gouvernement.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un seuil maximal de 25 microgrammes pour une exposition de 24 heures, et de 10 microgrammes en moyenne sur l'année.
De façon très médiatisée, Pékin avait déclaré l'an dernier "la guerre à la pollution", les grandes métropoles prospères de l'est du pays s'efforçant de fermer leurs usines obsolètes, mais les résultats restent encore très en-deçà des attentes.
