Le masculinisme, voilà l’ennemi!
Constat unanime dans les rangs des féministes, des people et au ministère de l’Intérieur: le masculinisme menace l’ordre public.
Un nouveau fléau menace la France : le masculinisme. Vous-et-moi sommes inconscients, mais heureusement il y a de nombreux lanceurs d’alerte. Récemment, le grand sociologue Bruno Solo, qui parlait au Sénat, nous a expliqué qu’il fallait apprendre aux garçons à respecter les filles. Heureusement qu’il est là ! De son côté, Sandrine Rousseau nous explique que la violence antifa répond à la vraie violence (celle des « fa », bien sûr), mais démontre surtout la pénétration du virilisme à gauche. Le Haut Conseil à l’Égalité, payé par le contribuable pour expliquer chaque année de quoi les femmes sont victimes, propose en 2026 un focus sur les « mascus » — ce sexisme hostile, à différencier du sexisme paternaliste, auquel adhéreraient déjà 10 millions de Français. À l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a parlé le 9 février de « menace masculiniste, organisée et décomplexée », à la suite d’appels malveillants en masse sur le 3919 (la ligne d’écoute pour les femmes victimes de violences). Il envisagerait d’appliquer aux sites « mascus » la législation antiterroriste. Vite, un PNAM (Parquet national anti-mecs) !
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En débat sur France 5 hier soir, il y avait cinq personnes sur six pour nous dire que le masculinisme est partout. Il gouverne à Washington et à Moscou, il sévit sur Internet et se propage en salle de musculation (muscu-mascu, évidemment). Et même dans des vidéos sur l’entrepreneuriat. Deux sources idéologiques contradictoires seraient à la base de ce terrible masculinisme : l’ultralibéralisme, avec l’accumulation du capital, du muscle et des femmes ; et la réaction : le « mascu », c’est d’extrême droite. Curieusement, l’islam intégriste n’est pas mentionné. Voiler sa fillette de six ans, ce n’est pas « mascu », c’est « multiculti », apparemment.
Alors, existe-t-il une menace réelle ? Pour fabriquer un épouvantail, explique Eugénie Bastié dans Le Figaro, il faut étendre la définition du crime. Sur France 5, toute personne qui trouve le nouveau féminisme revanchard et hargneux est suspecte. Et tout homme qui trouverait injuste d’être écarté parce qu’il est un homme au nom de la parité, aussi.
Le parti des Médias ne veut pas entendre parler de crise de la masculinité. Depuis l’enfance, des garçons entendent que la masculinité est toxique, la pénétration archaïque, le désir pernicieux. Que les hommes et les femmes, ça n’existe pas. Résultat : beaucoup sont largués et ne savent pas comment être un homme avec une femme.
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Dans le monde réel, il y a plusieurs strates : des influenceurs bourrins qui regrettent la domination masculine, quand la majorité des hommes a compris que des partenaires égales, c’était plus marrant que des subordonnées – leur influence progresserait chez les jeunes ; des entrepreneurs qui vendent de la gonflette psychologique minable (avec séances de drague de rue) et semblent en faire un bon commerce.
Seule violence directement imputable au masculinisme en France à ce jour : l’arrestation d’un jeune de 18 ans qui fréquentait des sites masculinistes et « voulait passer à l’action », selon M. Nuñez. Quel dommage qu’on n’ait pas été aussi vigilants avec le premier type qui se paluchait devant des vidéos de Daech.
Cette chronique a été diffusée ce matin sur Sud Radio
Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale
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