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Irak : blocage politique et rivalités internationales autour du futur Premier ministre

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Plus de trois mois après les élections législatives du 11 novembre, l’Irak demeure incapable de désigner un nouveau chef de l’exécutif, révélant la profondeur des blocages institutionnels. La proposition de Nouri al-Maliki a rapidement suscité une vive controverse, tant à l’intérieur du pays qu’à l’international.

Le président américain Donald Trump a publiquement rejeté cette éventualité, menaçant de mettre fin au soutien américain et d’imposer des mesures économiques pouvant limiter l’accès de Bagdad à ses revenus pétroliers déposés à la Réserve fédérale de New York. Cette pression extérieure a contribué à figer davantage un processus politique déjà complexe, marqué par le report répété de l’élection présidentielle, étape indispensable avant la nomination officielle d’un Premier ministre.

Vers une crise durable en Irak ?

Dans le système politique irakien, la formation d’un gouvernement repose sur un équilibre fragile entre communautés et partis. Toutefois, le choix de Maliki apparaît particulièrement sensible en raison de son passé controversé. Accusé par ses opposants d’avoir accentué les fractures confessionnelles et affaibli la cohésion nationale durant ses précédents mandats, il reste néanmoins soutenu par une partie du Cadre de coordination, coalition chiite proche de l’Iran devenue dominante au Parlement.

Sa désignation a cependant provoqué des divisions internes, plusieurs dirigeants influents refusant d’appuyer sa candidature. L’absence électorale du leader chiite nationaliste Moqtada al-Sadr a également modifié les rapports de force, laissant le champ politique davantage ouvert aux formations alignées sur Téhéran.

La crise irakienne s’inscrit désormais dans un contexte régional tendu, marqué par les rivalités persistantes entre les États-Unis et l’Iran. Washington redoute la consolidation d’un gouvernement perçu comme trop proche de la République islamique, tandis que Téhéran cherche à préserver son influence stratégique et économique en Irak, considéré comme un partenaire clé.

Certains observateurs estiment qu’un compromis pourrait émerger autour d’une personnalité consensuelle permettant à chaque camp de sauver la face. En attendant, l’impasse institutionnelle se prolonge, fragilisant la gouvernance du pays et laissant planer l’incertitude sur la stabilité politique à court terme.