Paris : mobilisation pour El Hacen Diarra, décédé en garde à vue
Une foule de visages endeuillés s’est réunie le 25 janvier en début d’après-midi au pied du foyer de travailleurs migrants où El Hacen Diarra vivait et devant lequel il a été violemment interpellé. Selon la préfecture de police, environ 2 300 personnes étaient présentes. Les participants arboraient des banderoles et des T-shirts noirs portant l’inscription « Justice et Vérité », tandis que d’autres messages réclamaient « Paix à son âme ».
« Ça fait très, très mal », confie Diankou Sissoko, cousine de la victime. « On est là car c’est notre devoir, mais je ne crois pas qu’il y aura une justice. Avant qu’El Hacen soit mort, il y avait déjà eu d’autres morts, et il n’y a jamais eu de justice ». Elle décrit El Hacen Diarra comme « quelqu’un de gentil, souriant, réservé », démentant le portrait d’agressivité esquissé par les policiers.
La manifestation a également mis en avant la peur persistante des habitants. « Chaque fois, ils veulent qu’on rentre, mais il faut qu’on prenne l’air quand même ! » raconte Mamadou Dia, Sénégalais de 65 ans résidant dans le foyer depuis vingt ans. Les riverains redoutent désormais de sortir de chez eux, les policiers impliqués étant toujours en fonction. Une élue du 20ᵉ arrondissement, Anne Baudonne, dénonce le refus du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez de suspendre les fonctionnaires concernés.
Une arrestation et des coups
La mort d’El Hacen Diarra remonte à la nuit du 14 au 15 janvier. Selon une vidéo filmée par un voisin, deux policiers ont plaqué l’homme au sol et l’un d’eux lui a porté deux coups de poing, tandis que la victime criait : « Vous m’étranglez ! ». Le ministre de l’Intérieur a reconnu ces coups, précisant que la victime a ensuite été conduite au commissariat où elle a fait un malaise cardiaque. Une information judiciaire a été ouverte pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort » et des examens complémentaires ont été ordonnés.
C’est effroyable … El Hacen Diarra a supplié les policiers de le laisser respirer. Il a crié « Vous m’étranglez ! »
— moonbee (@BMoon_bee) January 21, 2026
L’autopsie confirme un arrêt cardio-respiratoire par asphyxie mais la justice refuse pour l’instant d’en tirer les conclusions qui s’imposent, comme souvent. https://t.co/voV16VDnz9pic.twitter.com/fWHV4nk6ON
Laurent Nuñez a assuré que les policiers impliqués n’étaient pas suspendus et que l’enquête judiciaire ferait toute la lumière sur les faits. La famille et les manifestants dénoncent toutefois le maintien des agents en fonction et réclament des réponses sur les causes exactes de ce décès.
