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A Saint-Amand-les-Eaux, Fabien Roussel se veut un choix "rassurant" face à "l'inconnu" RN

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Face au climat instable, que ce soit en raison de la crise politique en France ou du contexte international, Fabien Roussel ne veut pas "ajouter plus d'inquiétude à Saint-Amand", a-t-il dit devant 300 personnes dimanche matin, lors de la présentation de sa liste pour les scrutins de mars.

Au contraire, le secrétaire général du PCF entend "rassurer les Amandinois sur l'avenir de (leur) ville", en s'inscrivant dans la continuité de son ami et prédécesseur Alain Bocquet, qui lui a laissé il y a un an le fauteuil de maire qu'il occupait depuis 1995.

Et le dirigeant communiste d'alerter les électeurs qui pourraient chercher l'alternance lors des municipales: "Le pire, c'est le saut dans l'inconnu".

Fabien Roussel sait que son avenir politique, et notamment une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027, passe par une victoire aux municipales des 15 et 22 mars dans cette ville thermale de 16.000 habitants proche de Valenciennes.

Or, deux ans après la perte de son mandat de député face à un candidat RN, l'histoire pourrait se répéter: outre Eric Renaud, ancien adjoint d'Alain Bocquet passé dans l'opposition, Fabien Roussel doit faire face à Eric Castelain, conseiller municipal d'opposition soutenu par le RN.

Celui-ci, qui se décrit auprès de l'AFP comme "un gaulliste canal historique", passé par le RPR et le mouvement Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, estime que "les planètes sont alignées", avec deux listes de gauche face à lui, seul candidat à droite.

S'il qualifie sa liste de "transpartisane", il reconnaît que le soutien apporté par le RN est "un plus indéniable" dans cette ville où le parti d'extrême droite domine régulièrement les scrutins nationaux.
"Pièce rapportée"
Il entend en outre profiter d'un climat "extrêmement dur" entre Fabien Roussel et Eric Renaud. Ce dernier a "la volonté de faire perdre Roussel", dont il n'a pas digéré l'ascension auprès d'Alain Bocquet il y a une dizaine d'années, estime un proche du dirigeant communiste.

Eric Renaud n'a effectivement pas de mots assez durs pour Fabien Roussel. "C'est un pur parigot (...) une pièce rapportée" qui provoque "une forme de rejet" chez les électeurs, assure-t-il.

Il le promet: quel que soit le résultat du premier tour, il ne se retirera pas, estimant pouvoir bénéficier d'un meilleur report de voix que Fabien Roussel, contre lequel il existerait "une majorité".

Il croit notamment savoir que les électeurs "n'ont pas avalé" la manière dont M. Roussel a succédé à M. Bocquet, en cours de mandat.

"C'était un peu fort de café, on n'a pas eu notre mot à dire", estime Thérèse, 76 ans, qui se promène dans le centre-ville.

Les responsabilités nationales de Fabien Roussel pourraient également lui nuire: "Il est à Paris, il n'est pas à Saint-Amand", estime le mari de Thérèse, Jean-Michel, qui comme son épouse n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Tous deux reconnaissent cependant que leur maire est "sympathique", et disent attendre les programmes pour faire leur choix. Celui de maire sortant sera dévoilé le 2 mars, à deux semaines du premier tour.

Jérôme Dubois, lui, a déjà tranché: Roussel "est un super maire, impeccable, on n'a rien à dire", assure cet électeur en terrasse du café L'Interville, nommé en référence à la célèbre émission de télévision remportée l'été dernier par Saint-Amand-les-Eaux.

"Sympathique", le maire l'est, reconnaît son adversaire Eric Castelain. Mais "le bilan des deux derniers mandats, il en est comptable", pointe-t-il.

Quant à Fabien Roussel, il se voit lui aussi comme l'héritier d'Alain Bocquet, mais en fait une autre lecture: les électeurs "savent ce que nous avons fait ces 30 dernières années" et "sont très majoritairement attachés à ce que ces politiques se poursuivent", juge-t-il.