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Suicide d'une gendarme à Lyon: la justice referme le dossier, colère de la famille

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Dans ce dossier au long cours, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon "a estimé qu'il n'y avait pas lieu à poursuivre quiconque", a déclaré lors d'un point-presse téléphonique l'avocat des proches de Myriam Sakhri, Me Vincent Brengarth.

Son arrêt de non lieu -le 4e de la procédure- est "une décision scandaleuse": "Il est évidemment impensable pour nous d'en rester là. Le combat va continuer", a-t-il ajouté.

Présente à la cour, où des portraits de la disparue avait été accrochés aux grilles, sa soeur Nadirha Sakhri a dénoncé une enquête "bâclée" et une "mascarade depuis le début".

"Ils ne veulent pas juger son affaire. Ils n'ont pas de courage, ce n'est pas un souci. Nous irons jusqu'à la Cour de cassation. Et si la Cour de cassation n'arrivera pas à juger l'affaire, on ira jusqu'à la Cour européenne", a-t-elle déclaré.

Âgée de 32 ans et d'origine algérienne, la jeune gendarme a été retrouvée morte le 24 septembre 2011 dans son appartement de fonction, à Lyon, une balle dans le ventre et son arme de service à ses pieds.

Affectée au Centre d'opérations et de renseignements de la gendarmerie (Corg) du Rhône, service chargé de répondre aux appels du public, elle s'était plainte de harcèlement et de racisme et une enquête interne avait été ouverte, dont elle attendait les conclusions.

À sa mort, un mot retrouvé à ses côtés, écrit de sa main -"Merci à G. le connard !"- désignait le colonel qui commandait à l'époque la gendarmerie du Rhône.
"Courage"
Après le décès de la gendarme, l'affaire avait été rapidement classée. Mais la famille, dénonçant la partialité des investigations menées par l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), avait porté plainte.

Celle-ci avait déclenché l'ouverture d'une première information judiciaire en 2012. Elle avait débouché sur un non-lieu en 2013, confirmé en appel en 2014 puis par la Cour de cassation en 2015.

Les magistrats avaient écarté tout harcèlement, estimant que la gendarme s'était suicidée après avoir appris qu'elle devrait comparaître devant un tribunal pour deux affaires liées à l'exercice de sa profession.

Pas convaincue, la famille avait poursuivi son combat et compilé des témoignages démontrant que la gendarme était devenue "la bête noire" de son entourage professionnel.

Sur la base de ces nouveaux éléments, une information judiciaire pour harcèlement et homicide involontaire avait été rouverte en 2021 et confiée à la chambre de l'instruction de la cour d'appel.

L’examen de l’affaire avait fait depuis l’objet de multiples reports, jusqu'au non lieu prononcé jeudi, dont les motivations n'ont pas encore été rendues publiques.

"Nous avions énormément d'éléments qui permettaient non seulement de caractériser l'existence d'un racisme ambiant au sein du service dans lequel évoluait Myriam Sakri", mais aussi "des comportements de harcèlement à son encontre", a pourtant noté Me Brenghart, dénonçant "le manque de courage" de la justice.

"On sera là pour élever la voix de Myriam quoi qu'il arrive, on ne lâchera rien et on fera preuve de courage quoi qu'il arrive", a ajouté devant la presse la nièce de la gendarme, Damia, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.