La Bourse de Paris en baisse après l'inflation américaine
Le CAC 40 a terminé la journée en petite forme (-0,14%), perdant 11,56 points à 8347,20 points. La veille, l'indice vedette parisien était resté stable (-0,04%).
Aux Etats-Unis, l'indice CPI de l'inflation en décembre, publié mardi, est resté stable par rapport à novembre, à 2,7% sur un an. Inférieur aux attentes mais toujours supérieur à l'objectif de 2% de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Les analystes estiment majoritairement que cela devrait convaincre la Fed de maintenir ses taux à leur niveau lors de sa prochaine réunion de politique monétaire, les 27 et 28 janvier, de nouvelles baisses étant cependant à prévoir en 2026.
L'indice "permet au moins de tempérer un discours autrement très restrictif de la part des responsables de la Fed", selon Christophe Boucher, d'ABN AMRO Investment Solutions.
L'institution fait par ailleurs toujours face aux pressions de Donald Trump pour baisser les taux. Et son président Jerome Powell a rendu publique dimanche, dans un rare message, une procédure lancée à son encontre par le ministère américain de la Justice.
Les dirigeants de grandes banques centrales, parmi lesquels la Banque centrale européenne, ou celles du Canada, d'Angleterre et du Brésil, ont apporté mardi leur soutien à Jerome Powell, et des personnalités américaines de tous bords ont défendu avec force l'indépendance de la Fed, selon elles menacée par une tentative de déstabilisation inédite du gouvernement Trump.
En France, les acteurs de marché restent attentifs à la situation politique et budgétaire alors que les députés entament mardi une nouvelle lecture du projet de loi de Finances, en présence du Premier ministre.
Mais "pour le moment, à Paris, on n'a pas l'impression que la politique française ait un impact significatif sur la Bourse", souligne Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques de CPR AM, à l'AFP.
"Dans l'hypothèse d'une dissolution, l'incertitude économique qui en découlerait pourrait en revanche avoir un impact", prévient-il.
Faute d'accord trouvé en fin d'année, le projet de budget de l'Etat est revenu mardi dans l'hémicycle, sans majorité en vue et avec un recours au 49.3 qui paraît de plus en plus difficile à éviter. "Le budget est à portée de main", a cependant affirmé le ministre de l'Economie Roland Lescure aux députés.
Sébastien Lecornu a par ailleurs agité vendredi le spectre d'élections législatives anticipées en cas de censure, expliquant ensuite qu'il ne souhaitait pas ce scénario mais voulait "la stabilité et repousser le désordre".
Côté obligataire, le rendement d'emprunt de la France à dix ans a atteint 3,52%, contre 3,50% lundi en clôture, quand son équivalent allemand, référence en Europe, a fini à 2,84%, contre 2,83%.
TotalEnergies profite de la hausse du pétrole
Le groupe pétrolier a terminé la séance en hausse de 2,21%, à 56,53 euros, profitant de la hausse des cours du pétrole, après la menace par Donald Trump lundi que tout pays commerçant avec l'Iran serait frappé de droits de douane de 25% par les Etats-Unis.
En outre, le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné a affirmé mardi qu'un éventuel retour du groupe français dans le pétrole vénézuélien ne figurait "pas en haut de (sa) liste de priorités".
