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Ce que l'on sait sur le bombardement d'une école en Iran

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Selon les autorités iraniennes, l'explosion à Minab, dans le sud du pays, s'est produite au premier jour de la guerre le 28 février et a fait plus de 150 morts.

L'AFP n'a pas été en mesure d'accéder au site pour vérifier de manière indépendante le bilan ou les circonstances des faits.

Les autorités iraniennes doivent donner une autorisation aux médias étrangers qui souhaitent faire des reportages en dehors de Téhéran.

Voici ce que l'on sait:

. Ce que l'on peut vérifier

Les images filmées depuis un parking montrent de la fumée noire s'échappant d'un bâtiment éventré, orné de fresques représentant des crayons de couleur, des enfants et une pomme.

L'AFP a géolocalisé la vidéo: le site correspond à un bâtiment à Minab, dans la province d'Hormozgan, qui semble être une école - bien qu'il ne soit pas possible d'en vérifier la nature de source indépendante.

L'AFP a établi que le bâtiment était proche de deux sites contrôlés par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), la puissante garde idéologique du régime.

La clinique Shahid Absalan, qui se trouve sous la direction de la marine des Gardiens de la Révolution, se trouve à 238 mètres du site bombardé. Le complexe culturel Seyed al-Shohada de l'IRGC se trouve à 286 mètres.

La ville de Minab est située à un endroit stratégique, proche du détroit d'Ormuz, l'un des passages maritimes les plus importants pour le commerce mondial des hydrocarbures.

La télévision publique iranienne et un média local ont identifié le site comme étant celui de l'école élémentaire de filles Shajare Tayyebeh, à Minab.

. Ce que dit l'Iran

L'Iran a affirmé que plus de 150 personnes, dont de nombreux enfants, avaient été tuées sur ce site, dans ce que le président Massoud Pezeshkian a décrit comme une frappe israélo-américaine sur une école.

Selon les médias d'Etat, les funérailles d'au moins 165 personnes ont eu lieu le 3 mars en Iran, dont celles d'élèves tuées dans la frappe présumée.

La télévision a diffusé des images montrant une foule rassemblée autour de corps enveloppés dans des linceuls blancs. D'autres images montraient des cercueils ornés de drapeaux iraniens, certains portant la photographie d'un enfant.

Une troisième séquence diffusée par les médias d'Etat montrait une foule importante entourant des cercueils identiques avec une inscription en persan: "Funérailles des enfants morts à Minab".

. Trump accuse Téhéran, erreur américaine ?

Interrogé samedi sur un éventuel bombardement de l'école par les Etats-Unis, Donald Trump a répondu: "Non. Sur la base de ce que j'ai vu, cela a été fait par l'Iran".

La pression sur le président américain s'est accrue après que le New York Times a authentifié une vidéo diffusée dimanche par l'agence semi-officielle iranienne Mehr, montrant un missile de croisière Tomahawk américain frappant une base navale près d'une école dans la ville de Minab le 28 février.

Le Pentagone a ouvert une enquête et Donald Trump a fait en partie machine arrière, indiquant qu'il "s'accommoderait" de ses résultats.

Celle-ci, selon le New York Times mercredi, semble pointer la responsabilité des Américains.

Selon le quotidien, qui cite des responsables américains et des sources proches de l'enquête, le missile qui a frappé l'école a bien été tiré par l'armée américaine.

La frappe résulterait "d'une erreur de ciblage de l'armée américaine, qui menait des frappes contre une base iranienne adjacente dont le bâtiment scolaire faisait autrefois partie, selon les conclusions préliminaires de l'enquête", rapporte le New York Times.

"Les officiers du Commandement central américain ont créé les coordonnées de la cible pour la frappe en utilisant des données obsolètes fournies par l'agence du renseignement de la Défense, selon des personnes informées de l'enquête", ajoute le journal.

Interrogé mercredi à la Maison Blanche par des journalistes à propos de ces informations, Donald Trump a affirmé qu'il n'était "pas au courant".

. Israël "pas au courant"

Israël a constamment nié toute implication dans cette frappe ou en avoir eu connaissance. L'armée israélienne a déclaré le 1er mars "ne pas être au courant" d'une frappe américaine ou israélienne contre une école.

. ONU et ONG

A Genève, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a dit vendredi espérer que l'enquête américaine soit "rapide" et se déroule "en toute transparence".

L'organisation de défense des droits humains Hengaw, dont le siège est en Norvège, a annoncé enquêter sur l'identité des élèves qui auraient été tués dans ce bombardement.

Dans un communiqué, elle a expliqué que les cours du matin se déroulaient à l'école Shajare Tayyebeh au moment de l'incident et qu'environ 170 élèves auraient pu alors être présents.

burs-bdx/cyb