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Les villages chrétiens du Sud-Liban pris dans la spirale de la guerre

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Dans la localité chrétienne de Qlayaa, au Sud-Liban, la foule s’est rassemblée devant la municipalité, partagée entre larmes et colère. Habitués depuis des années aux tensions entre le Hezbollah et Israël, les habitants répètent souvent « Samidoun », « nous résistons ».

Mais la guerre déclenchée le 2 mars a fait basculer la région dans une nouvelle phase. La mort du père Pierre el-Raï, tué par des obus d’artillerie israéliens alors qu’il se trouvait chez lui, a profondément marqué la population et cristallisé un sentiment d’insécurité croissant dans plusieurs villages chrétiens du Sud.

Israël ne fait pas de distinction

Selon des témoins, une seconde frappe serait survenue quelques minutes après la première, alors que des habitants s’étaient précipités pour porter secours aux blessés. L’attaque a rapidement pris une dimension nationale et relancé les accusations contre le Hezbollah, certains responsables politiques estimant qu'il a provoqué les frappes israéliennes en opérant dans ou à proximité de localités civiles. Sur place, les habitants contestent fermement ces affirmations et affirment que le village reste étranger aux combats.

Au-delà de Qlayaa, plusieurs incidents récents ont accentué l’inquiétude dans les villages chrétiens du Sud-Liban. À Sarba, une roquette a frappé une habitation privée, tandis qu’à Alma el-Chaab un septuagénaire a été tué par un drone israélien alors qu’il arrosait son jardin. Dans la région de Rmeich, des menaces israéliennes ont conduit les autorités locales à évacuer des déplacés réfugiés dans le village.

Pour certains analystes, ces événements illustrent une évolution de la stratégie israélienne. Les distinctions confessionnelles semblent désormais moins déterminantes dans le choix des cibles, dès lors que l’armée israélienne estime qu’une activité du Hezbollah existerait à proximité. Cette situation alimente la colère de plusieurs responsables chrétiens, qui dénoncent à la fois les risques imposés par l’ouverture d’un nouveau front et l’absence de réaction efficace de l’État libanais.

Sur le terrain, les habitants dénoncent également l’abandon progressif de la région. L’aide humanitaire se raréfie et les villages doivent souvent s’organiser seuls pour assurer l’approvisionnement en nourriture ou en carburant. Malgré ces difficultés, beaucoup restent déterminés à ne pas quitter leurs terres. Mais dans certains endroits, la pression militaire a déjà forcé des familles à partir. À Alma el-Chaab, des centaines d’habitants ont quitté le village pour la première fois de son histoire, laissant planer le doute sur leur retour.