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Amazon : le Syndicat de la librairie française boude le Festival du livre de Paris

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Le Syndicat de la librairie française (SLF) ne participera pas à l’édition 2026 du Festival du livre de Paris, du 17 au 19 avril. Le partenariat avec Amazon n’était pas tolérable pour le SLF. L’entreprise américaine n’est pas un « ami du livre » peut-on lire dans un communiqué de presse. Elle serait responsable de tous les maux du secteur : elle attaquerait le prix unique du livre et le réseau des librairies indépendantes ; elle inonderait le marché de « faux livres générés par IA » ; elle représenterait un « risque majeur pour les auteurs et autrices, les éditeurs, éditrices et les libraires »…

Ces propos sans nuance méritent quelques rectifications. Tout d’abord, le prix unique du livre, entré en vigueur en 1982 en vertu de la loi Lang, revient, pour les éditeurs, à imposer un prix de revente au nom de la protection des librairies de détail spécialisées. Cette loi a été progressivement rendue obsolète par l’essor du e-commerce et le développement de plateformes comme Amazon, qui ont introduit plus de concurrence dans le marché du livre, au plus grand bénéfice des consommateurs. La multinationale américaine représente certes une menace pour les librairies, mais il ne faut pas oublier qu’elle permet de soulager le portefeuille des plus modestes grâce à des prix défiant toute concurrence. La plateforme est aussi un moyen, pour les particuliers et les professionnels, de vendre leurs ouvrages et de réaliser potentiellement plus de bénéfices qu’en maison d’édition, tout en gardant le contrôle sur le contenu. Bien sûr, pour attaquer Amazon, le SLF n’a rien trouvé de mieux que de militer en faveur de lois qui s’immiscent dans les affaires du secteur privé, comme la loi Darcos qui fixe un montant minimal de frais de port pour les commandes de livres en ligne.

Ensuite, Amazon fait partie des 50 entreprises qui paient le plus d’impôts en France selon une étude du cabinet Deloitte. Sur son site, l’entreprise américaine évoque plus de 2,6 milliards d’euros en 2024, dont plus de 900 millions d’euros d’impôts directs. Sous-entendre, comme le fait le SLF dans un réflexe populiste, qu’elle ne paierait pas d’impôts en France relève tout bonnement de la désinformation.

La stratégie est classique : désigner un grand groupe étranger comme responsable des difficultés d’un secteur, invoquer la protection des plus faibles, agiter le soupçon fiscal et moral… Opposer artificiellement « le petit » et « le grand » est une chose. Assumer le débat sur la concurrence, l’innovation et la liberté de choix du consommateur en est une autre.

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