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Pouvoir décapité, siège des Gardiens de la révolution attaqué : quelles pertes côté iranien ?

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Assiste-t-on à la fin du régime des mollahs ? Dimanche 1er mars, les médias iraniens ont confirmé la mort du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, dans des frappes israélo-américaines contre sa résidence, la veille. Son nom s'ajoute ainsi à la liste des dignitaires politiques et militaires éliminés au cours de l'offensive menée par les Etats-Unis et Israël, déclenchée samedi 28 février. L'Iran a également essuyé des frappes contre le quartier général des Gardiens de la révolution, et une partie de sa flotte navale a été coulée. Et ce, en moins de trois jours, plongeant la République islamique dans sa pire crise depuis l'avènement du régime en 1979.

De nombreuses figures militaires et politiques assassinées

Lundi, les médias iraniens ont confirmé la mort de Mansoureh Khojasteh, l'épouse d'Ali Khamenei, blessée dans l'attaque contre le palais présidentiel. Selon l'agence Tasnim, sept missiles se sont abattus aux abords de la résidence du Guide suprême samedi, tuant également la fille d'Ali Khamenei, son gendre et sa petite-fille.

Donald Trump s'est empressé de se réjouir de la mort d'Ali Khamenei sur son réseau Truth Social, évoquant "l'une des personnes les plus diaboliques de l'Histoire". En tant que Guide suprême de la Révolution islamique, l'ayatollah occupait le plus haut poste en termes de responsabilités politiques et religieuses en Iran, le président assurant quant à lui la direction du gouvernement. A 86 ans, Ali Khamenei dirigeait le pays d'une main de fer depuis 1989, ayant notamment orchestré les répressions sanglantes contre les manifestants anti-régime de ces dernières années.

Au cours de l'opération baptisée "fureur épique" par le Pentagone, les Etats-Unis et Israël ont également annoncé la mort de plusieurs hauts responsables iraniens. A commencer par deux figures importantes des corps militaires : le chef d'état-major des forces armées Abdolrahim Mousavi, ainsi que le général Mohammad Pakpour, le commandant du corps des Gardiens de la révolution islamique. Ce dernier avait été nommé à sa tête après la mort de son prédécesseur, Hossein Salami, lors des frappes aériennes de juin 2025 en Iran.

Les médias iraniens ont également annoncé la mort d'Aziz Nasirzadeh, ministre de la Défense du pays, et d'Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil de défense iranien. Il dirigeait le Conseil de défense iranien, créé en août 2025 après la guerre de juin, afin d'élaborer la stratégie militaire en temps de guerre. "Auparavant, il avait dirigé le Conseil national de sécurité, et été commandant dans la marine iranienne", précise le Wall Street Journal.

Le chef du bureau militaire, Mohammad Shirazi, a lui aussi été tué ainsi que Gholamreza Rezaian, chef des renseignements nationaux de la police. Salah Asadi, important officier de renseignement au sein de l'état-major des forces iraniennes, est aussi décédé. Deux autres hauts dignitaires du régime liés au SPND, une division du ministère de la Défense chargée de développer les sciences et technologies, ont également été éliminés : Hossein Jabal Amelian, son président, et son prédécesseur Reza Mozaffari-Nia, qui ont joué un rôle important dans le programme nucléaire iranien.

Mardi, Tsahal a encore annoncé dans un communiqué avoir éliminé plusieurs hauts responsables du ministère iranien du Renseignement, dont Yahya Hamidi, vice-ministre du renseignement pour les affaires israéliennes, et Jalal Pour Hossein, chef de la division d’espionnage du ministère.

Le QG des Gardiens de la révolution détruit

Au-delà de la perte de ces figures importantes, le commandement américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a également affirmé avoir détruit le quartier général des Gardiens de la révolution dans des frappes, dimanche. Selon une infographie réalisée par Le Monde, les frappes israéliennes et américaines ont également ciblé plusieurs bâtiments politiques et administratifs : le ministère du renseignement, le tribunal révolutionnaire islamique de Téhéran, le Palais de justice de Téhéran et la Cour suprême, ainsi que "plusieurs sites d'importantes institutions gouvernementales".

L'Iran a également dit avoir vu son site nucléaire de Natanz bombardé dimanche par Israël et les Etats-Unis. Donald Trump, pour sa part, a annoncé ce dimanche sur ses réseaux sociaux que neuf navires appartenant à la marine iranienne ont été "coulés et détruits".

"Processus de transition"

Des pertes importantes, infligées en un temps éclair. Néanmoins, le régime politique iranien est construit pour résister à ces menaces extérieures et survivre à la mort de son leader.

Dimanche, le principal responsable de la sécurité du pays, Ali Larijani, a assuré qu'un processus de transition était en cours, après la mort d'Ali Khamenei. "Un conseil de direction provisoire sera bientôt formé. Le président, le chef du pouvoir judiciaire et un juriste du Conseil des gardiens assumeront la responsabilité jusqu'à l'élection du prochain dirigeant", a assuré le chef du plus haut organe de sécurité iranien, le Conseil suprême de sécurité nationale.

Ce vétéran de la politique iranienne, ou encore le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, sont aujourd'hui perçus comme des figures de transition potentielles. De son côté, Donald Trump a ajouté être disposé à parler aux nouveaux dirigeants iraniens . "Ils veulent parler et j'ai accepté", a-t-il déclaré dans un entretien à The Atlantic.

Néanmoins, le président des Etats-Unis a annoncé que l'offensive en cours durerait au moins quatre semaines. Lundi, le secrétaire américain de la défense, Pete Hegseth a indiqué que les Etats-Unis n'excluent "aucune option dans une guerre en Iran", ajoutant "nous combattons pour gagner".