"Rose" avec Sandra Hüller: film historique et manifeste queer à la Berlinale
Après avoir combattu pendant la guerre de Trente ans, Rose aspire à s'installer dans une ferme isolée au sein d'une petite communauté rurale pour y couler des jours paisibles.
Pour vivre librement, elle se fait passer pour un homme et se fait peu à peu accepter de ses congénères grâce à sa force de travail.
Le personnage joué par Sandra Hüller "utilise ce travestissement comme un déguisement pour vivre en sécurité et avoir sa propre vie", a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse.
Pour Sandra Hüller, qui s'est forgée une réputation internationale grâce à "Anatomie d'une chute" et "La zone d'intérêt", le sujet entre en résonance avec les évolutions contemporaines.
"De plus en plus de personnes qui étaient sur la voie d’une plus grande liberté et intégration dans la société, respectées et acceptées, sont menacées à nouveau ces jours-ci", a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.
"C’était assurément un sujet auquel nous réfléchissions" en faisant le film, a-t-elle ajouté.
La Berlinale a une longue histoire de mise en lumière des films et cinéastes queer, et l’édition de cette année marque le 40e anniversaire des Teddys, un prix consacré aux films à thématique queer.
"Je suis moi-même une personne queer, donc l’identité queer et l’histoire queer… font toujours partie de mon travail », a déclaré le réalisateur Markus Schleinzer aux journalistes.
Le film brosse un portrait sombre de la façon dont les personnes au XVIIe siècle étaient traitées lorsqu’elles transgressaient les normes sociales et de genre.
Donald Trump, qui a régulièrement pris pour cible les personnes transgenres, a été élu pour son deuxième mandat de président des États-Unis en plein pendant le tournage.
"Soudain, tout semblait avoir le potentiel de redevenir plus laid dans notre bulle occidentale", a confié Markus Schleinzer. S'il dit apprécier les films au ton plus optimiste, ces derniers "me laissent un peu de marbre".
"Quand je vois quelque chose qui me remue, alors j’ai le sentiment que je dois passer à l’action", a-t-il dit.
Pour lui, ce film doit permettre une réflexion sur la manière dont l'identité de genre a une influence sur notre vie de tous les jours, déplorant par exemple que les salaires des femmes restaient en moyenne bien inférieurs à ceux des hommes.
