Municipales: Bardella se lance dans la campagne, le RN marque ses cibles
Cap sur le Sud. Tout juste sorti d'un trimestre de dédicaces aux six coins de l'Hexagone, Jordan Bardella entame une autre campagne. Cette fois-ci pas pour promouvoir un livre, mais ses candidats aux municipales. De préférence ceux qui présentent les meilleures chances de victoire.
Le jeune et populaire président du RN a donc choisi de mettre son poids dans la balance à Agde et Carcassonne, pour commencer. Samedi matin, il se rendra sur un marché de la cité balnéaire héraultaise, en soutien à sa tête de liste Aurélien Lopez-Liguori. Le parti à la flamme fonde de grands espoirs sur ce trentenaire solidement implanté - conseiller d'opposition à Sète depuis 2020, élu député de la circonscription en 2022 puis réélu dès le premier tour en 2024.
Une courte séquence sur les bords de la Grande Bleue, avant de filer sous les remparts de la préfecture audoise, où M. Bardella est attendu samedi après-midi pour une visite de la célèbre cité médiévale. Autre place forte que le RN espère faire tomber, en s'appuyant sur un profil similaire quoiqu'un peu plus expérimenté: Christophe Barthès, bientôt 60 ans, député de Carcassonne depuis 2022, auparavant élu d'opposition dans la ville voisine de Trèbes.
Deux exemples emblématiques de ces villes moyennes (30.000 habitants pour l'une, 46.000 l'autre) que l'extrême droite espère faire basculer lors des scrutins des 15 et 22 mars. En particulier sur le littoral méridional, où nombre de parlementaires sont en lice de Narbonne à Menton.
Assez pour justifier plusieurs allers-retours de M. Bardella, qui a déjà prévu au moins trois autres déplacements dans le cadre de la campagne, plutôt dans le Sud selon un de ses conseillers.
Terreaux fertiles
Un relais bienvenu pour Marine Le Pen, seule à occuper le terrain depuis des semaines. Malgré son procès en appel à Paris, la cheffe de file du camp nationaliste a trouvé le temps en janvier pour un meeting à Marseille et une virée en Moselle, à Creutzwald et Saint-Avold - au coeur du bassin houiller où le RN espère également "une très belle surprise" à Forbach.
Sans oublier de ratisser, régulièrement et consciencieusement, son fief du Pas-de-Calais autour d'Hénin-Beaumont - à mi-chemin entre Lens et Douai, convoitées au même titre que Cambrai ou Douchy-les-Mines, comme l'avait détaillé la semaine dernière le vice-président et baron local Sébastien Chenu.
Se dessine en pointillés la carte de France des localités ciblées par le parti pour remporter "plusieurs dizaines de communes" comme l'a souhaité mi-janvier Jordan Bardella. Plutôt dans une grande moitié Est du pays, rarement dans les plus grandes villes, exception faite d'une poignée de métropoles sudistes - Marseille, Toulon, Nîmes, Perpignan, ainsi que Nice avec l'allié Eric Ciotti.
En creux, se révèlent aussi les zones délaissées, comme la région parisienne où le RN "n'est pas encore assez installé" pour prétendre à une percée, reconnaît un cadre francilien.
La situation est même critique dans la capitale, au point que M. Bardella s'est fendu lundi soir d'un série de messages sur les réseaux sociaux pour défendre "la stature et l'expérience" de Thierry Mariani, pourtant très loin de pouvoir se maintenir au second tour selon les sondages.
De même, la façade atlantique semble toujours globalement hors de portée, de la Bretagne au Pays basque, en dépit de la "conquête de l'Ouest" vantée lors de la dernière rentrée du parti à Bordeaux.
Ce qui n'empêche pas de voir grand: deux responsables locales promettent "une cinquantaine" de listes rien qu'en Gironde, notamment dans le Médoc viticole. Un terreau présumé fertile: dans l'Aude aussi, M. Bardella prévoit de rencontrer samedi "des agriculteurs et viticulteurs".
