Economies et cohésion sociale: le gouvernement en affaires courantes marche sur des oeufs
Le gouvernement bruxellois en affaires courantes affiche une certaine fébrilité depuis la fin de la mission de formation d’Yvan Verougstraete (Les Engagés) à la suite du refus du ministre des Finances Dirk De Smedt (Anders-Open VLD) de discuter d’un projet de budget 2026 dans le cadre de négociations avec le PS, Les Engagés, Ecolo, DéFI, Groen, Vooruit, voire le CD&V. En atteste, une sortie, lundi, du ministre Anders, via X, visant la secrétaire d’Etat au Logement Nawal Ben Hamou (PS), à propos d’économies potentielles en matière de cohésion sociale.
M. De Smedt s’est est pris à une intention qu’il prête à sa collègue de gouvernement de réduire de 40% les moyens octroyés par subsides à 31 projets de cohésion sociale en Région bruxelloise.
“Économiser, c’est s’attaquer aux inefficacités, pas sabrer dans la prévention de la criminalité. -40 % de travail de quartier = plus de coûts pour la police, la justice et les victimes. Ce n’est pas une politique budgétaire. C’est de la mauvaise gouvernance”, a écrit le ministre libéral.
Comme l’avait fait la secrétaire d’Etat au Parlement, vendredi, en répondant à des questions de Benjamin Dalle (CD&V) et Aline Godfrin (MR), le cabinet de Nawal Ben Hamou a nié lundi toute intention de réduire les moyens destinés à ces projets dans de telles proportions.
“Je mesure pleinement les inquiétudes exprimées par les associations quant à la pérennité de leur financement et je tiens à leur réaffirmer mon entière vigilance sur ce dossier”, avait notamment déclaré vendredi la secrétaire d’Etat.
Celle-ci avait ajouté que la gestion budgétaire par douzièmes provisoires en affaires courantes imposait à titre transitoire des “contraintes budgétaires réelles, sans toutefois remettre en question la reconnaissance ni la valeur du travail essentiel mené par les Projets de Cohésion Sociale. Dans certains quartiers particulièrement fragilisés, confrontés notamment aux phénomènes de narcotrafic, leur présence est non seulement utile mais absolument indispensable pour maintenir le lien social, prévenir les ruptures et soutenir les habitants au quotidien”.
Mme Ben Hamou avait enfin annoncé le dépôt au gouvernement, jeudi, d’une note, “afin de garantir les montants octroyés depuis 2023 et permettre aux travailleuses et travailleuses concernés de poursuivre leur mission dans les meilleures conditions”.
