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Январь
2026

Un futur accord avec l’Otan sur le Groenland ? Ce que l’on sait de l’annonce de Donald Trump

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C'est un soupir de soulagement à Bruxelles... et sur les marchés financiers des deux côtés de l'Atlantique. Donald Trump a annoncé dans la soirée du mercredi 21 janvier, depuis le Forum de Davos, qu'un accord était en vue avec l'Otan sur le Groenland. Il renonce du même coup aux surtaxes douanières de 25 % qu'il avait juré d'imposer à tout pays s'opposant à cette annexion.

Si les contours précis de cet accord restent flous, et que "beaucoup de travail reste encore à faire" selon le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, qui a précisé n'avoir pas encore abordé la question de la souveraineté de l'île avec Donald Trump, le président américain n'a pas tardé à s'en vanter.

"Il s'agit d'un accord à très long-terme. Il place tout le monde dans d'excellentes conditions, en particulier en matière de sécurité et de minerais", a-t-il déclaré. Selon lui, cet accord "pour toujours" permettrait de satisfaire son désir d'accéder aux minerais essentiels de l'île de l'Arctique et de bâtir un "Dôme d'or" antimissiles.

Alors que Donald Trump avait ancré sa rhétorique sur la nécessité d'acquérir le Groenland devant d'hypothétiques menaces russes ou chinoises, la porte-parole de l'Otan a tenu à rassurer, déclarant que sept pays alliés dans l'Arctique travailleraient conjointement pour garantir leur sécurité collective. "Les négociations entre le Danemark, le Groenland et les Etats-Unis iront de l'avant avec l'objectif de s'assurer que la Russie et la Chine n'auront aucun ancrage - économique ou militaire - au Groenland", a-t-elle fait savoir.

Concessions territoriales et accès aux minerais

Un peu plus tard, sur Truth Social, le président américain a levé le doute sur la question du maintien ou non de sanctions douanières : "Sur la base de cette entente, je n'imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février", a-t-il assuré. Le locataire de la Maison-Blanche a aussi indiqué que le vice-président américain J.D. Vance, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio et l'émissaire spécial Steve Witkoff seraient chargés de mener des discussions supplémentaires sur le Groenland. Il a ajouté que des détails seraient communiqués à mesure de l'avancée des discussions.

A en croire le New York Times, qui cite plusieurs hauts responsables de l'Otan, le Danemark pourrait, selon l'accord envisagé, accorder la souveraineté de petites zones du territoire groenlandais à Washington pour y construire des bases militaires. Cette idée, évoquée lors d’une réunion de l'Otan mercredi, serait similaire aux bases britanniques à Chypre, considérées aujourd'hui comme des territoires britanniques.

Le Wall Street Journal, qui cite des responsables européens proches du dossier, rapporte quant à lui que les négociations pourraient inclure le fait d'accorder aux États-Unis un droit de préemption sur les investissements dans les ressources minières du Groenland, sous la forme d'un droit de veto destiné à empêcher la Russie et la Chine d'exploiter les richesses de l'île.

"Totalement absurde"

Réagissant aux annonces de Donald Trump, le Danemark a déclaré que la question du Groenland devait être réglée via des efforts diplomatiques privés plutôt que sur les réseaux sociaux. "Ce qui est crucial pour nous est que nous parvenions à régler cela dans le respect de l'intégrité et de la souveraineté du royaume (du Danemark) et du droit du peuple groenlandais à l'autodétermination", a déclaré le ministre danois des Affaires étrangères à la télévision publique danoise.

La diplomatie groenlandaise s'est quant à elle étranglée devant ces annonces. Ce cadre d'accord est "totalement absurde", a dénoncé Aaja Chemnitz, l’une des deux députées groenlandaises au Parlement danois. "L’Otan n’a absolument aucun mandat pour négocier quoi que ce soit sans nous au Groenland. Rien sur nous, sans nous", a-t-elle martelé sur Facebook dans la nuit de mercredi à jeudi. "Et que l’Otan ait quoi que ce soit à dire sur notre pays et nos minéraux est complètement absurde".

L'Union européenne, qui avait planifié un sommet de crise ce jeudi pour discuter d'une réponse conjointe à Donald Trump, a fait savoir qu'elle maintenait cette réunion malgré le recul soudain du président des Etats-Unis. Mardi, le Parlement européen avait pris une première mesure en riposte à ce dernier : le gel de la ratification de l'accord commercial conclu cet été entre l'UE et Washington, très défavorable aux Européens.