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En visite à New Delhi, Ursula von der Leyen pourrait signer un accord de libre-échange

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Après le Mercosur, l'Union européenne va-t-elle signer un accord de libre échange avec l'Inde ? En visite à New Delhi le 26 janvier, invitée d'honneur du président Narendra Modi pour la fête de la République, Ursula von der Leyen doit également prendre part à un sommet avec le chef d'Etat ce mardi 27 janvier.

Tout juste quelques jours avant sa visite dans la capitale indienne avec le président du Conseil européen Antonio Costa, la présidente de la Commission européenne avait annoncé à Davos être "à l'aube d'un accord commercial historique", qui "créerait un marché de 2 milliards de personnes, représentant près d'un quart du PIB mondial". Plusieurs médias indiens parlent déjà de "méga deals".

Automobile et défense

En 2014, le commerce bilatéral de biens entre l'UE et l'Inde a atteint 120 milliards d’euros en 2024, en hausse de près de 90 % sur la dernière décennie, selon les chiffres fournis par l'Union européenne, avec 60 milliards d’euros supplémentaires pour les services. La signature d'un accord fait ainsi espérer une nette augmentation de ces chiffres alors que l’Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète (1,4 milliard d’habitants) après la Chine est en bonne voie pour devenir la troisième économie mondiale d’ici 2030 avec une croissance annuelle plus rapide que prévue (8,2 % en 2025).

Selon les premières informations, le traité de libre-échange devrait couvrir des secteurs tels que l’automobile, l'acier et la coopération en matière de défense. D'après l'agence de presse britannique Reuters, le texte pourrait permettre de réduire fortement les droits de douane indiens sur un nombre limitées de voitures importées de l'Union européenne, les ramenant à 40 % contre jusqu'à 110 % actuellement, à condition que leur prix soit supérieur à 15 000 euros. Et jusqu'à 10 % dans les années à venir.

Dans la délégation européenne, la vice-présidente de la Commission Kaja Kallas est également présente. Selon le site Politico, elle devrait notamment signer un partenariat de défense et de sécurité. "L'UE et l'Inde vont mener des consultations sur leurs initiatives respectives en matière de défense, notamment à travers des échanges sur des sujets liés à l'industrie de la défense", indique un document consulté par Reuters, qui devrait être signé mardi. Le partenariat impliquerait alors un dialogue annuel entre les deux parties sur les sujets de la sécurité et de la défense, ainsi qu'un renforcement de la coopération sur la sécurité maritime, les problèmes de cybersécurité et le contre-terrorisme.

Nouveaux marchés face aux taxes de Donald Trump

Toutefois quelques obstacles demeurent, liés à la législation climatique de l’UE, avant que l’accord puisse être signé. Principal point d'achoppement : l’Inde a demandé à être exemptée des règles climatiques de l’UE, notamment du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM). Interrogée ce week-end par The Times of India, sur la manière dont les deux parties comptent combler ces divergences, Ursula von der Leyen a déclaré que les deux parties "travaillaient intensément sur le CBAM, les automobiles et l’acier", ajoutant que "le dernier kilomètre est toujours le plus difficile, mais cela en vaudra largement la peine".

L'accord n'est pas nouveau, il est sur la table depuis 2007. En revanche, le contexte mondial a lui largement changé, bousculé de part et d'autre par l'imposition de droits de douane par Donald Trump. 50 % pour les produits importés depuis l'Inde. 15 % en moyenne pour ceux en provenance de l'Union européenne. "L’UE et l’Inde se rapprochent à un moment où l’ordre international fondé sur des règles subit des pressions sans précédent en raison des guerres, de la coercition et de la fragmentation économique", a déclaré mercredi dernier la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas. L'Europe et l'Inde sont confrontées à un problème similaire. "Ils essaient de préserver leur autonomie stratégique en tant qu'acteurs secondaires dans leurs sphères respectives, l'Inde contre la Chine dans l'Indo-Pacifique et l'Europe contre l'Amérique dans l'Atlantique", déclare Chietigj Bajpaee de Chatham House, un groupe de réflexion britannique auprès du magazine britannique The Economist.