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Le pari fou de la décennie : Zion Williamson et Ja Morant ensemble pour relancer les Bulls

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L’un des plus grands plaisirs, en tant que passionné de sport, c’est de pouvoir se plonger dans un univers en s’imaginant dans la peau de ses acteurs. Ça commence jeune, sur les terrains, que ce soit un playground, un parquet, du bitume, peu importe. On s’y voit en Kobe Bryant qui prend un fadeaway ou en Allen Iverson en crossant des adversaires parfois invisibles. Puis, quand la raison prend finalement le dessus sur le rêve de devenir un jour professionnel que seule une infime partie d’entre nous pourront toucher du doigt, quand les genoux se font de plus en plus fragiles et les articulations de plus en plus grinçantes, on se mute en sélectionneur ou en dirigeant toujours prêt à trouver les bonnes solutions pour sauver notre équipe préférée.

C’est probablement cet attrait si particulier du sport qui explique aussi les succès de la série Football Manager, les modes carrières des NBA 2K et autres FIFA ou encore tout simplement les podcasts, les débats animés, la trade machine et tous ces moments qui nous laissent penser que nous sommes aux commandes.

Quitte à évoquer les consoles et les opus qui simulent les plus grandes ligues sportives, autant vous prévenir de suite : les propositions qui vont suivre sont dignes de l’imaginaire fantaisiste dont font parfois preuve les jeux vidéo. Toute l’idée reposait justement sur un pari purement irréaliste, suggéré par l’un de nos auditeurs lors du podcast posté ce samedi, et d’essayer d’y apporter le raisonnement le plus crédible possible. Ça donne donc cette idée folle, celle de faire jouer Ja Morant et Zion Williamson ensemble sous le maillot des Chicago Bulls.

Pour le moment, seul Morant est considéré comme « ouvertement disponible. » Les rumeurs vont bon train autour de l’avenir de l’ancien franchise player des Grizzlies, qui ne paraît clairement plus sur la même longueur d’onde que son coach ou ses dirigeants. La franchise du Tennessee serait prête à se débarrasser de son contrat dès cet hiver si une offre se présente, même si la contrepartie s’avère dans la lignée (ou un poil supérieure) de celle récupérée par les Atlanta Hawks pour Trae Young.

La situation n’est pas aussi dramatique pour Williamson, mais elle l’est pour les Pelicans. La franchise n’a pas émis le souhait très affirmé de se séparer de celui qui a un temps été perçu comme l’avenir de l’organisation. En tout cas, pas pour l’instant. Parce qu’il y a simplement moins de tension qu’à Memphis. Le joueur ne manifeste pas pour autant une joie excessive sur sa présence à New Orleans. Et il n’est pas complètement insensé de penser que les dirigeants seraient prêts à se délester là aussi de son salaire (ils ont une option pour le couper… mais sans rien obtenir en échange donc), surtout maintenant que l’équipe se reconstruit doucement autour de Derik Queen et Jeremiah Fears, deux rookies talentueux et prometteurs.

Nous avons donc deux basketteurs de moins de 27 ans, théoriquement au début de leur prime, disponibles pour un moindre coût en comparaison des packages habituellement cédés pour faire venir des joueurs de leur standing… théorique. Zion Williamson et Ja Morant ont chacun déçu à des échelles différentes mais ils ont déjà tous les deux été All-Stars en alignant des statistiques dignes du gratin NBA. Ce sont aussi respectivement les premiers et deuxièmes choix de la cuvée 2019. Devenus presque des parias, ils étaient pourtant attendus parmi les hommes dominants dans cette ligue. Une perspective bien lointaine qui n’aboutira probablement jamais.

Mais ce sont des garçons qui conservent des qualités intrinsèques largement supérieures à la norme. D’un côté, chacun cherche surtout le bon scénario, la bonne opportunité, pour se relancer. Dès qu’ils changeront d’équipe, ce qui paraît inévitable un jour ou l’autre à ce stade, ils auront alors une pression sur les épaules, sans doute aussi une envie de prouver qu’ils valent mieux que ça et que ce ne sont pas eux qui se sont trompés. Ça ne veut pas dire que ça marchera forcément.

Pour le coup, Zion et Ja se connaissent bien et s’apprécient. Ils ont terrorisé ensemble les circuits AAU en Caroline du Sud avant de prendre des directions différentes à la fac. Les associer représente évidemment un risque étant donné leur comportement et leur manque de sérieux à certaines reprises depuis leur arrivée chez les pros. C’est toujours un plus que les deux s’entendent bien. Parce que sur le terrain, leur association peut faire des étincelles. Un meneur manieur de balle véloce et un intérieur sur-vitaminé pour former une doublette infernale en attaque. On peut les imaginer combiner sur pick-and-roll ou cavalier sur des phases de transition léthales. Les Bulls ont d’ailleurs mis l’accent sur le jeu rapide pour essayer de compenser leur manque de difference makers. Là, ils mettraient la main sur des joueurs capables de créer leur propre tir et d’aller chatouiller les 25 points par match tout en s’inscrivant, en partie seulement, dans la philosophie de l’équipe.

Quand Zion Williamson et Ja Morant semaient la terreur en AAU

Alors comment mettre en place ces deux transferts ? L’avantage, c’est que Chicago possède plusieurs contrats expirants et la plupart de ses tours de draft sur les années à venir. Commençons par Morant.

Chicago reçoit : Ja Morant
Memphis reçoit : Coby White, Patrick Williams, Jalen Smith, premier tour des Trail Blazers (protégé 1-15), premier tour 2028 des Bulls (protégé 1-10, devient deux seconds tours 2029 et 2030 si non envoyé).

Il n’est même pas impossible que les Bulls puissent négocier ce deal en envoyant moins que ça. Parce qu’en se prenant le bec avec Tuomas Iisalo, en enchaînant les blessures et les frasques en dehors du terrain tout en affichant les pires statistiques de sa carrière, Morant n’a cessé de faire baisser sa valeur sur le marché. Son contrat est presque un asset négatif à ce stade et les Grizzlies s’en sortiraient extrêmement bien en mettant la main sur deux premiers tours de draft, même protégés. Le pick des Blazers s’étend jusqu’en 2028 et, avec la progression à Portland, il est possible que la franchise de l’Oregon retrouve les playoffs prochainement et cède donc ce choix au-delà de la quinzième place à Memphis.

Si jamais le projet de Chicago ne se casse pas complètement la figure, les Grizzlies finiraient donc avec un premier tour en milieu de tableau, éventuellement un autre autour de 10-12eme place si les Bulls ratent de peu les playoffs en 2027 ou alors deux seconds tours. Les contrats de White et Smith sont expirants mais ils peuvent et celui de Williams peut être refourgué plus tard. C’est une contrepartie faible, bien sûr, mais c’est paradoxalement « le prix à payer » pour lâcher les 86+ millions restants dus à Morant. Au passage, les Grizzlies vont probablement devoir couper des joueurs ou envoyer Smith et/ou White vers une troisième équipe qui a du Cap Space pour éviter d’avoir un effectif trop large.

Chicago reçoit : Zion Williamson, DeAndre Jordan
New Orleans reçoit : Zach Collins, Kevin Huerter, Ayo Dosunmu, premier tour 2026 (protégé top-10), premier tour 2030 (protégé top-15)

Après ce transfert, les Bulls seraient dans l’obligation de recruter deux joueurs au minimum ou de convertir des « 2 way contract » pour s’assurer un roster comprenant 14 pros. C’est le cas inverse des Grizzlies. Pour revenir sur l’offre, là encore elle peut sembler bien faible pour New Orleans et il est possible que la franchise de Louisiane cherche plutôt à échanger son intérieur pendant l’été plutôt qu’à la deadline. Il n’y a pas nécessairement d’urgence, contrairement au cas Morant. Mis de toute façon, à ce stade, nous sommes dans un scénario déjà assez écarté de la vérité.

Notons tout de même qu’il n’est pas impossible que les Pelicans cherchent à se séparer de Zion Williamson à un moment ou un autre. Lui aussi prend beaucoup de place dans la masse salariale. Là, le club mettraient la main sur des contrats expirants (qui peuvent être reroutés vers d’autres équipes le soir-même) et donc gagnerait énormément en flexibilité pour les prochaines années. Tout en héritant de deux premiers tours potentiels, dont un en 2026, là où New Orleans s’apprête justement à ne pas piocher puisque Joe Dumars a sacrifié le pick des Pels pour monter à la draft l’an dernier…

L’opération reconstruction a déjà commencé autour de Derik Queen et Jeremiah Fears. Le départ de Zion donnerait encore plus de responsabilités aux jeunes tout en les entourant de bons vétérans comme Kevin Huerter et Ayo Dosunmu pour essayer de bien finir la saison. Zach Collins est actuellement blessé mais il est théoriquement un meilleur fit avec Queen dans la raquette que Williamson. Comme pour Memphis et Morant, tout se résume à tourner la page en acceptant de vendre à la baisse. Parce que sauf retournement de situation, la valeur de ses deux stars ne va pas remonter prochainement.

Elle sera revue à la hausse quand Morant et Williamson changeront d’air et pourront repartir sur de nouvelles bases. Pour les Bulls, tout le pari revient à penser que c’est ce qui arrivera à Chicago. La franchise de l’Illinois aurait dû tanker depuis au moins trois ans mais elle a refusé de le faire et, après tout, pourquoi pas. La voilà aujourd’hui exactement au même stade, à savoir dans le play-in mais parce que par défaut, sans briller et en profitant des ratés d’un candidat plus huppé (Philly l’an dernier, Milwaukee cette saison). Pourtant, avant ces trades, les perspectives d’avenir sont encore peu excitantes : pas de pick haut placé sauf énorme coup de bol à la loterie, pas de stars autour de qui faire tourner la franchise et susciter l’engouement des fans et pas non plus le niveau pour vraiment aller en playoffs.

Alors foutu pour foutu… autant tenter un truc fou pour pas si cher. Les taureaux se renforceraient avec deux All-Stars encore capables de relancer leur carrière en ne cédant « que » trois tours de draft dont certains vraiment bien protégés. Pour rappel, les New York Knicks en ont lâché cinq pour le seul Mikal Bridges ! Des joueurs spectaculaires comme Ja Morant et Zion Williamson sont exactement ce qui manque dans la Windy City pour redonner de la passion à la base historique de fans. Surtout que le cinq majeur tient plutôt la route.

Nikola Vucevic est un pivot de qualité, machine à double-double, qui peut s’écarter du cercle et donc par moments laisser de la place à Zion dans la raquette. Le Monténégrin est lui aussi un ancien All-Star et il tourne à quasiment 38% de réussite derrière l’arc cette saison. Sur l’aile, Matas Buzelis est un jeune très prometteur capable de faire un peu de tout. Sa taille peut compenser celle de Williamson, tout comme Josh Giddey compensera celle de Morant. L’Australien a déjà prouvé qu’il était à même de jouer avec d’autres ball handlers et ça donnerait aux Bulls deux playmakers talentueux à même de pousser le tempo.

Le banc serait léger avec Isaac Okoro et Tre Jones. Chicago a forcément perdu en profondeur mais les Bulls auront de toute façon l’obligation de recruter. Dans le meilleur des mondes, ce groupe parvient même à se qualifier pour le premier tour des playoffs. Une élimination d’entrée, certes, mais un acte fondateur pour une aventure unique… avouez que ça donne envie !