Il est favorable à la « taxe Zucman », mais son entreprise déménage à New-York
Alors que l’Assemblée nationale vote chaque jour de nouveaux impôts sur les entreprises et les entrepreneurs, l’annonce du déménagement de l’entreprise Criteo vient illustrer ce que nous redoutons à longueur d’articles : la fuite à l’étranger de nos fleurons et de nos cerveaux.
Considérée comme une pépite de ce qu’il faut désormais appeler la « French Tech », Criteo a été fondée à Paris en 2005. Spécialisée dans la publicité sur internet, elle emploie plus de 3 600 salariés et a réalisé l’année dernière 1,9 milliard de dollars de chiffre d’affaires et 115 millions de dollars de bénéfices.
L’entreprise a annoncé le 29 octobre 2025 qu’elle allait prochainement installer son siège au Luxembourg avant de le transférer aux Etats-Unis. Pour le président de son conseil d’administration, Frederick van der Kooi, « C’est une évolution naturelle dans la trajectoire de Criteo afin de tirer pleinement parti des avantages de notre cotation aux Etats-Unis ».
Les dirigeants de Criteo tentent de rassurer les salariés français en affirmant que « le laboratoire d’intelligence artificielle et les équipes de Paris continueront à être des moteurs d’innovation ». Mais personne n’est dupe. Quand le centre de décision quitte la France, les établissements hexagonaux s’en trouvent nécessairement affaiblis.
Comme le déclare un expert aux Échos, « C’est inquiétant pour l’attractivité de la France et de l’Europe, car cela envoie un message très clair : on ne peut plus diriger une entreprise technologique d’envergure mondiale depuis ici. »
Une telle décision ne se prend pas sur un coup de tête. Il est donc probable que ce n’est pas le lamentable spectacle qu’offrent nos députés qui en a été le déclencheur. Il n’a fait que conforter la direction de Criteo. Il est certain, en revanche, que les règles européennes (RGPD, AI Act, péage numérique, DSA, DMA, etc.) et les lourdeurs fiscales et réglementaires françaises existantes y ont été pour beaucoup.
L’espoir de voir émerger un leader européen et français du numérique s’envole donc.
Le plus ironique dans cette histoire est que l’un des co-fondateurs de Criteo, Jean-Baptiste Rudelle a dernièrement pris position en faveur de la « taxe Zucman ». Il avait aussi demandé en début d’année à être davantage taxé sur sa succession. Apparemment ses successeurs à la tête de l’entreprise ne partagent pas ses points de vue !
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