Après l’encadrement des loyers d’habitation, les maires de gauche veulent encadrer les loyers commerciaux
A l’approche des élections municipales, les Maires écologistes de Bordeaux et de Lyon ont demandé dans une lettre de deux pages à Sébastien Lecornu datée du 24 septembre l’autorisation d’expérimenter l’encadrement des loyers commerciaux afin de « préserver la vitalité économique » des centres-villes. Cette autorisation s’inscrirait dans le prolongement de l’expérimentation, jugée « très encourageante », de l’encadrement des loyers d’habitation en cours dans les deux villes (communiqué de presse du site de la ville de Bordeaux).
Une telle demande est une revendication de la gauche depuis plusieurs années. En août 2017 déjà, la maire de Lille, Martine Aubry, avait réclamé au Premier ministre de l’époque une loi d’encadrement des loyers commerciaux. Et elle avait récidivé dans une lettre en date du 3 novembre 2022, singée par nos deux édiles Verts aujourd’hui. Elle avait été soutenue par Emmanuel Grégoire, alors adjoint en charge de l’urbanisme à la Mairie de Paris, lequel avait soutenu que « la spéculation, c’est la mort du commerce » (X, 8 novembre 2022). Nous n’avons pas besoin de rappeler à nos lecteurs que ce dernier est le candidat désigné par les socialistes pour succéder à Anne Hidalgo l’année prochaine…
Une proposition liberticide dont les conséquences délétères sont connues d’avance
Certains commerçants se sont empressés d’applaudir les initiatives ou de les relayer. Le 14 août, des Lillois avaient lancé une pétition pour réclamer l’encadrement des loyers commerciaux. La présidente de l’association des commerçants indépendants de la Presqu’île de Lyon s’est réjouie de la lettre du maire de la Ville, mais elle a manifesté son désir d’aller plus loin : il faudrait que les collectivités locales acquièrent des rez-de-chaussée d’immeubles (La Tribune, 2 octobre 2025) ! Elle a également dû se féliciter de la subvention de 60.000 euros votée par la capitale des Gaules en faveur de son association, mais elle a dû souffrir les récriminations des commerçants des autres arrondissements… qui ont demandé une attention équivalente !
En contrepoint de cet électoralisme à la petite semaine, il faut saluer le message de l’élu lyonnais d’opposition, Loic Terrenes, qui a stigmatisé l’encadrement des loyers commerciaux comme une mesure qui ne protégerait pas les petits commerçants, découragerait les propriétaires, raréfierait l’offre et, en définitive, renforcerait les grandes enseignes (X, 10 septembre 2025). Le message a été repris par Jean-Michel Aulas, candidat aux élections municipales (Le Figaro, 11 septembre 2025).
On peut effectivement prédire qu’une telle mesure produirait des conséquences néfastes comme toutes celles du même type : quand on s’attaque à la liberté des prix, on détraque le marché. Mais il y a un argument préalable qui n’a pas été soulevé : la violation de la liberté contractuelle. En effet, si l’indice des loyers commerciaux ne respecte pas cette liberté et s’il a pu faire l’objet d’un plafonnement dans certaines conditions jusqu’à l’année dernière, les cocontractants sont libres de fixer le montant du bail initial. Et c’est cette liberté que nos maires de gauche ne supportent pas !
Si cet interventionnisme est très représentatif de l’inculture économique de la gauche (et malheureusement pas seulement d’elle…), il l’est aussi du manque de lucidité de nombre de nos hommes politiques qui confondent cause et conséquence. En effet, si les commerces des centres-villes souffrent, on peut y voir une multitude de causes, au-delà bien sûr des lourdes charges qui pèsent sur les entreprises : des travaux incessants, des places de parking et de stationnements en raréfaction et au coût prohibitif, une idéologie anti-voitures. Et qui diable en est responsable sinon les municipalités socialistes et écologistes ?
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