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Октябрь
2025

Gouvernement Lecornu II : des poids lourds s’en vont, la société civile fait son retour

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Deux jours après sa reconduction au poste de Premier ministre, Sébastien Lecornu a annoncé dimanche soir la composition de son nouveau (et deuxième) gouvernement. Les 34 ministres se réuniront dès ce lundi 13 octobre à Matignon, avant un premier conseil des ministres mardi matin.

L’équipe nouvellement nommée, à qui il incombera la lourde de tâche de proposer un budget dans les temps, comporte quelques surprises, entre le départ de certains poids lourds ou la présence de ministres LR malgré la décision de leur parti de ne pas entrer au gouvernement. Surtout, huit des personnalités nommées sont issues de la société civile.

Des personnalités de la société civile

Le gouvernement renoue avec les débuts du macronisme en faisant la part belle aux personnalités qui ont fait carrière ailleurs qu’en politique. A commencer par Monique Barbut, nommée ministre de la Transition écologique, qui a effectué tout son parcours dans des ONG et agences gouvernementales. Elle a notamment été présidente de l’organisation environnementale WWF entre 2021 et 2023, après avoir occupé le poste de secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies (ONU) sur la lutte contre la désertification. Une autre personnalité, bien connue des Français, entre au gouvernement sans expérience politique : l’ancien PDG de la SNCF et haut fonctionnaire Jean-Pierre Farandou, nommé ministre du Travail et des Solidarités.

L’ancien patron de Système U, Serge Papin, occupera quant à lui le poste de ministre des PME. Il a dirigé le groupe de supermarchés connu pour ses enseignes Super U ou Hyper U entre 2005 et 2018 avant d’être nommé au conseil d’administration d’Auchan Retail International. Il rejoindra au gouvernement Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche. Elle est la première femme à avoir terminé le Vendée Globe en 1997. Journaliste puis navigatrice, elle a ensuite multiplié les initiatives en faveur de l’océan avant d’être élue députée européenne Renaissance/Modem en 2019, un mandat qu’elle occupera jusqu’en 2023.

Enfin, le gouvernement accueille Stéphanie Rist, rhumatologue au centre hospitalier d’Orléans, nommée ministre de la Santé, des familles, de l’autonomie, et des personnes handicapées. Elle a déjà de l’expérience en politique, puisqu’elle est députée Renaissance depuis 2017. Cette proche de Gabriel Attal devra piloter l’action du gouvernement s’agissant de l’épineuse question des retraites.

Le départ de certains poids lourds

Le nouveau gouvernement Lecornu s’est formé sans la présence de certaines figures qui avaient jusqu’ici joué un rôle clé dans la politique française. C’est le cas d’Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la Transition écologique, qui avait pourtant fait partie de tous les gouvernements depuis 2018. Ces derniers jours, elle avait plaidé pour la nomination d’un Premier ministre de gauche.

Élisabeth Borne, Première ministre entre 2022 et 2024, n’est restée que neuf mois à la tête du ministère de l’Education nationale et quitte le gouvernement. Elle est remplacée par un haut fonctionnaire, Édouard Geffray. Ce dernier a été numéro deux du ministère pendant cinq ans. Un autre ancien Premier ministre, Manuel Valls, acte son départ. Il avait été nommé ministre des Outre-Mer en décembre et avait négocié l’été dernier l’accord de Bougival sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.

Reconduit la semaine précédente au ministère de l’Intérieur dans le gouvernement Lecornu 1, le président des Républicains Bruno Retailleau avait remis en cause sa participation, ulcéré par la nomination de Bruno Le Maire à la Défense. Cet autre poids lourd n’est logiquement pas reconduit dans le gouvernement Lecornu 2, puisqu’il avait affirmé qu’il ne rempilerait pas si le nouveau Premier ministre était de gauche ou macroniste. Il est remplacé par le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez.

La fronde de certains LR

Plusieurs personnalités politiques issues des Républicains ont décidé de répondre à l’appel de Sébastien Lecornu malgré les réticences de leur parti. Le bureau politique de LR, une instance acquise au président du parti, avait en effet décidé samedi à une large majorité de ne pas entrer au gouvernement.

Six membres du parti, et non des moindres, ont défié le nouveau président en répondant à l’appel de Sébastien Lecornu. Dans la foulée, le parti a annoncé leur exclusion et la cessation immédiate de "leurs fonctions dans nos instances dirigeantes".

Parmi les frondeurs, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui occupait jusqu’ici le poste stratégique de présidente de la commission nationale d’investiture (CNI), chargée de désigner les candidats LR aux municipales de mars prochain. C’est également le cas du ministre reconduit aux Transports, Philippe Tabarot. Quant à Rachida Dati, elle garde le portefeuille de la Culture, alors qu’elle vient tout juste d’être investie par les Républicains comme candidate à la mairie de Paris. Les trois autres LR à entrer au gouvernement sont tous députés : Vincent Jeanbrun (Logement), Sébastien Martin (Industrie) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur et attractivité).

Des ministres reconduits

Plusieurs ministres, déjà présents dans les gouvernements Bayrou ou Barnier, restent en place. Catherine Vautrin (Renaissance) quitte le Travail et la Santé pour les Armées et Jean-Noël Barrot (MoDem) reste aux Affaires étrangères, tout comme Roland Lescure (Renaissance) au poste de ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté énergétique et numérique. Gérald Darmanin (Renaissance) est reconduit à son poste de Garde des sceaux après avoir assuré se mettre "en congé de (ses) activités partisanes". Enfin, Amélie de Montchalin (Renaissance) a été reconduite à son poste de ministre de l’Action et des Comptes publics.