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Июнь
2025

Placements : les avantages méconnus de la dette privée pour financer les entreprises

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"Les épargnants rêvent d’investir au capital des entreprises non cotées, avant d’être rattrapés par la réalité, qui leur impose de rentrer dans un tunnel d’au moins six ans avant de savoir combien va rapporter leur épargne", rappelle Roger Caniard, directeur financier du groupe MACSF. Face aux contraintes du capital investissement (ou private equity), certains assureurs, comme cette mutuelle, ont préféré proposer à leurs clients d’investir dans de la dette d’entreprises non cotées, appelée dette privée. Cette typologie de placements concentre deux atouts principaux : elle est moins risquée que le private equity et plus rentable que le crédit coté.

Le principe de ces fonds est simple : ils prêtent de l’argent à des sociétés selon des conditions bien définies, dont la durée de l’emprunt et la rémunération du prêteur. Selon la qualité de la dette, et notamment son niveau de priorité pour être remboursée en cas de faillite de l’entreprise, le taux d’intérêt sera plus ou moins élevé. Il dépendra aussi de la solidité financière de la société.

Selon France Invest, les fonds de dette privée ouverts au grand public, commercialisés au sein de contrats d’assurance-vie, ont rapporté en moyenne 4,7 % par an depuis leur création (il y a cinq ans en moyenne). En comparaison, ce chiffre évolue entre 4,5 % et 5,8 % pour les supports investis en fonds propres. Surtout "la valeur de la part progresse très régulièrement", assure Roger Caniard.

Les perspectives restent bonnes pour les prochaines années, malgré des conditions de financements des entreprises globalement plus serrés. "Du fait de sa moindre réactivité aux facteurs de marchés exogènes, l’ajustement à la baisse des marges de crédit ne s’est encore que faiblement propagé dans l’univers de la dette privée", souligne Fabrice Rossary, directeur des investissements en dette privée chez Sienna IM. De manière générale, cette catégorie d’actifs a offert, sur la dernière décennie, un surplus de rendement par rapport aux obligations cotées de l’ordre de 3 à 6 %, selon les experts de Goldman Sachs AM.

Où trouver des pépites ?

Autre point positif : ces fonds engrangent régulièrement des coupons, autrement dit le versement des intérêts payés par les entreprises financées, ainsi que des remboursements à échéance régulière. Ces liquidités permettent d’assurer les demandes de sortie des épargnants, que ce soit dans le cadre d’un retrait sur son contrat, d’un arbitrage vers un autre support ou pour sécuriser l’argent sur le fonds en euros, par exemple. Cette caractéristique a de la valeur alors que certains assureurs commencent à mettre des barrières à la sortie des fonds de private equity.

La principale difficulté consiste à dénicher ces pépites. La MACSF propose deux véhicules, gérés par Tikehau Capital (depuis 2021) et Andera Partners (lancé récemment), accessibles avec 200 euros. Blackstone, leader mondial du private equity, a aussi lancé un support de dette privée pour les particuliers l’an dernier. Il faudra toutefois débourser 10 000 euros pour y accéder. Ce fonds a d’abord été proposé en exclusivité dans les contrats de la banque privée de BNP Paribas avant d’être plus largement référencée (notamment dans les contrats assurés par Generali). Vous pouvez également opter pour un fonds combinant dette privée et private equity, à l’instar d’Eurazeo Private Value Europe 3 ou d’Amundi Prima, lancé fin 2024.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’y placer 100 % de votre contrat, mais plutôt une dose raisonnable, de l’ordre de 10 à 20 %. D’ailleurs, la MACSF plafonne l’ensemble de ses supports illiquides (immobilier et dette privée) à 30 % de l’encours du contrat maximum.