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Июнь
2025

Clarisse Crémer : "Quand je dors une heure et demie de suite, c’est la grasse matinée !"

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Pour Clarisse Crémer, la voile était au départ un simple passe-temps. Et puis, un jour, cette jeune femme à la tête bien faite (elle est diplômée d’HEC) a décidé de faire de sa passion un métier. L’occasion de lui demander comment, dans une course en solitaire, on s’organise pour gérer son temps.

L'Express : Vous avez disputé deux Vendée Globe, que vous avez bouclés respectivement en 87 et 77 jours. Combien de temps dormiez-vous chaque jour en moyenne ?

Clarisse Crémer : Quatre heures par cycle de vingt-quatre heures.

Jamais d’affilée, j’imagine…

Jamais ! Pendant une course, on ne peut pas se permettre de manquer un changement de vent, par exemple. En général, je m’accorde des tranches de sommeil d’environ trois quarts d’heure. Quand je dors une heure et demie de suite, c’est la grasse matinée !

Vous entraînez-vous à l’avance à ce rythme très particulier ?

Non. Cela paraît contre-intuitif, mais, avant une course, je dors beaucoup car il ne faut pas surtout pas arriver avec une dette de sommeil. De toute manière, il me serait impossible de suivre un tel mode de vie à terre : seule l’adrénaline de la compétition permet de tenir un tel rythme.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune navigateur sur ce point précis ?

Cela dépend des caractères. Certains marins sont si peu stressés qu’ils n’arrivent pas à se réveiller. Moi, ce serait plutôt l’inverse : j’ai parfois du mal à m’endormir, malgré la fatigue ! C’est pourquoi je suis une préparation mentale à base de méditation, de respiration ou d’autohypnose.

Et y a-t-il une erreur à ne pas commettre ?

Il ne faut surtout pas se coucher en se disant : « Il faut que je dorme à tout prix ». C’est le meilleur moyen de ne pas y arriver ! Parfois, on ne parvient pas à s’endormir et ce n’est pas grave. Dans ce cas-là, je m’alimente ou j’effectue des réglages sur le bateau. En tout cas, je mène des actions positives et j’attends tranquillement que le sommeil revienne.

Et au retour, comment fait-on pour retrouver un rythme normal ?

Il faut environ le double du temps passé en mer pour se remettre d’une course en solitaire, que ce soit sur le plan physique, mental ou émotionnel. Et parfois davantage quand, comme moi, on a un enfant en bas âge.

À LIRE : J’y vais mais j’ai peur. Journal d’une navigatrice, un roman graphique de Clarisse Crémer (Delcourt).

Un article de notre dossier spécial Horlogerie, paru le 5 juin 2025.