Quelle nourriture stocker en prévision d’une crise ? Petit manuel de survie
Il n’y a pas qu’en matière de défense et d’environnement que le réchauffement climatique et les tensions géopolitiques nous forcent à nous adapter. Depuis plusieurs années déjà, de nombreux Etats et organisations formulent des recommandations pour nous encourager à préparer, à l’échelle individuelle, de quoi survivre quelques jours en cas de crise.
Une ébauche de liste, très peu détaillée, a été dévoilée en 2023 par le gouvernement français. Mais d’autres livrets plus précis existent déjà, édités par l’Union européenne, l’Allemagne, la Suède, ou encore la Croix-Rouge française. L’association, qui a publié son guide en 2024, conseille avant tout de mener l’exercice dans l’ordre des priorités vitales : d’abord s’hydrater, puis se nourrir, avant de se soigner, de se protéger et de se signaler.
Les secouristes conseillent ainsi de prévoir, dans des gourdes ou des bouteilles, au moins trois litres d’eau par jour et par personne. Côté nourriture, le guide officiel de survie suédois, publié en 2024, préconise une alimentation "rassasiante, riche en énergie et pouvant être stockée à température ambiante". Autant de vivres qui, précise ce même document "doivent pouvoir être préparés rapidement, exigent peu d’eau ou sont directement comestibles". Le livret allemand, publié dès 2018, souligne que ces provisions doivent être adaptées aux cas où réfrigérateurs et fours tombent en panne faute d’énergie. Il faut donc s’assurer que "ces aliments peuvent être mangés froids".
Un critère central : la date de péremption
Quels produits peuvent alors répondre à l’ensemble de ces conseils ? Méfiez-vous des "sacs gouvernementaux" prêts à l’emploi, vendus en ligne plusieurs centaines d’euros par des entreprises peu scrupuleuses qui proposent des rations militaires et autres desserts riches en protéines. Autant de références que l’on peut trouver facilement et moins cher dans les supermarchés classiques, entre les barres repas protéinées pouvant être conservées pendant neuf mois, ou même des plats cuisinés peu volumineux. L’armée française, dans ses rations de combat, prévoit par exemple du tajine de poulet, du canard aux olives ou encore du cassoulet en barquettes sous vide, avec des dates de péremption supérieures à deux ans.
La durée de conservation est évidemment un critère central de cette opération. En France, deux types d’étiquetage coexistent. Les aliments les plus sensibles, comme les viandes fraîches ou les plats préparés réfrigérés, se voient attribuer une date limite de consommation (DLM). Une indication à respecter impérativement si l’on ne veut pas jouer avec sa santé. Les plus prudents miseront même sur des produits bénéficiant d’une date de durabilité minimale (DDM). Dans ce cas, "une fois la date passée, la denrée peut avoir perdu une partie de ses qualités spécifiques, sans pour autant présenter un risque pour celui qui le consommerait", rappelle le ministère de l’Economie.
La plupart des aliments secs comme le riz, les pâtes, les lentilles, les amandes, la farine ou le chocolat peuvent être facilement consommés plusieurs années après cette DDM. Il en va de même pour les pots pour bébés, les conserves de légumes, de poisson ou de raviolis. Principal conseil dans ce cas : faites attention à l’intégrité de l’emballage. "Toute trace d’altération telle que déformation, traces de rouille, bombage, etc., peut révéler une altération du produit", souligne Bercy. La règle vaut aussi pour les conserves maison, les pâtés ou les confitures.
Pensez aux médicaments
Quant aux quantités, le guide sur lequel travaille l’Union européenne prévoit trois jours d’autonomie, quand le guide allemand en préconise seulement deux.
Quoi qu’il en soit, pensez à ajouter à ces provisions quelques médicaments de base, une trousse de premiers secours, des outils simples, mais aussi une radio munie de piles. Cela vous permettra "de suivre les conseils des autorités", comme le rappelle la Croix-Rouge française. L’association rappelle aussi que la préparation aux crises doit se réfléchir en famille. Une occasion, sans faire peur aux enfants, de les sensibiliser aux enjeux climatiques et géopolitiques, voire de les encourager à se former aux gestes qui sauvent.
