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Октябрь
2024

Bill Wyman : "Je ne regrette pas d’avoir quitté les Rolling Stones"

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Au sein des Rolling Stones, ce n’était pas forcément lui que l’on remarquait en premier. Tout le monde connaît Mick Jagger et Keith Richards. Cela fait plus de soixante ans qu’ils occupent l’espace public à coups de scandales, déclarations fracassantes, et, plus important, de chansons mythiques qui ont redéfini la culture populaire des années 60. Mais derrière ce duo qui captait toute la lumière, il y avait Bill Wyman, bassiste à l’allure patibulaire, que l’on voyait sans vraiment le regarder. Et pourtant, ses notes vrombissantes - sur 19th Nervous Breakdown notamment - faisaient trembler les murs des stades du monde entier.

Bill Wyman, 88 ans et un nouvel album

Cela fait maintenant trente ans qu’il a quitté le navire, pour jouer, sans pression et à son rythme, la musique qu’il aime depuis toujours. À presque 88 ans, le vétéran du rock - il est la plus âgée des stars des sixties toujours en activité - Bill Wyman effectue un discret retour avec Drive my car. Interview d’une légende vivante qui ne cherche pas à cacher son âge, bien au contraire :

- Votre nouvel album se déploie sur un rythme assez lent, très tranquille… À mesure que vous vieillissez, il y a trois choses que vous n’arrivez plus à supporter : la vitesse, les hauteurs et le volume sonore. Je voulais un album à mon image, sans fioritures. Juste une basse, de la guitare, une batterie, et rien d’autre. Ma voix ne va plus autant dans les aigus qu’auparavant… Je fais avec mes limites.

- Ce n’est pas toujours facile de jouer simple… Exactement. C’est la manière dont je joue, sans trop en rajouter. J’essaye de laisser de la place pour les autres musiciens. Je suis “relax”. Je n’ai plus la pression de jouer des tubes, comme quand j’étais avec les Stones.

Pourquoi les USA, Bill Wyman ?

- Cet album s’écoute comme un road-trip dans une Amérique rêvée, imaginaire. Pourquoi les États-Unis vous ont-ils tant attiré?? Au départ, c’est surtout grâce à la musique : le blues, la country… J’ai grandi dans une Angleterre en guerre. J’avais pratiquement 10 ans quand elle s’est terminée, donc je m’en souviens très bien. C’était une bénédiction d’écouter de la bonne musique après des années de raids aériens et de bombardements. Il n’y avait pas d’équivalent en Angleterre. Les chanteurs de l’époque ne faisaient que copier - et très mal - les Américains. Ensuite, les musiciens de notre génération ont fait redécouvrir le blues aux Américains. Ils avaient de grands artistes - Muddy Waters, B.B. King - mais ils ne les écoutaient pas.

- Les styles que vous jouez sont assez anciens. Comme si la musique actuelle ne vous intéressait pas.

Il y a de belles choses, mais le problème, c’est que les gens se concentrent sur le rythme. C’est tout ce que l’on entend. On ne distingue plus les chansons.

- Quand avez-vous décidé d’être musicien?? Peu après la fin de la guerre, je devais avoir 10 ans. Ma tante m’avait amené dans une salle de bal, où les gens dansaient le jitterbug. J’étais assis avec mon verre de limonade et regardais les musiciens, en me disant que j’aimerais être à leur place. Mais ça me paraissait inatteignable.

Et l'écriture, Bill Wyman ?

-  Sur votre album, vous avez composé cinq chansons. Avez-vous une méthode d’écriture?? Je ne m’assois pas à une table pour écrire. Ça ne marche pas comme ça. Parfois, j’ai un bout de mélodie, deux lignes de texte, j’appelle mon guitariste, et on travaille dessus. Ensuite, on rajoute un peu de batterie, et voilà?! C’est assez artisanal, comme un gamin qui fait ses premières chansons dans son grenier. J’ai un peu l’impression de revenir à mes débuts.

- Quand vous faisiez partie des Rolling Stones, vous n’écriviez jamais de chansons, à une exception près. Était-ce une source de frustration?? Les chansons que j’écrivais n’étaient pas adaptées au style des Rolling Stones. J’en étais parfaitement conscient. Cela ne m’empêchait pas d’enregistrer dans mon coin mes propres titres, avec d’autres musiciens. Parmi, eux, il y avait notamment Peter Frampton (Ndlr : un guitariste qui est devenu une superstar dans les années 70).

J’ai expérimenté en dehors des Stones et j’ai appris beaucoup de choses, notamment à arranger des chansons. J’ai pu m’en servir lorsque j’ai lancé ma carrière solo.

- Vous avez quitté de votre propre initiative les Rolling Stones en 1993. Avez-vous des regrets?? Vous ne jouez plus dans des stades mais dans des petites salles… Je ne regrette pas d’avoir quitté les Rolling Stones. Pas une seconde, je le jure?! Je suis encore ami avec eux. Quand vous jouez dans un stade, vous êtes à peine plus grand qu’une fourmi pour le public. Maintenant, quand je suis en tournée, je ne le fais pas pour l’argent, car ça ne rapporte rien. Mais je m’amuse. Je suis libre de jouer ce que je veux, sans aucune pression. C’est beaucoup mieux. 

Rémi Bonnet

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