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Август
2024

Neuf ans plus tard, Flixbus a su convaincre les Français

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Sur les routes, facile de les reconnaître. Un logo arboré fièrement sur le flanc du véhicule, un design aux couleurs éclatantes, il n’y a pas à dire, lorsqu’ils passent, les « Flixbus » attirent l’œil. Depuis son arrivée en France en 2015, la société allemande semble avoir trouvé la recette gagnante. En moins de dix ans, elle s’est approprié 65 % des parts du marché du transport en autocars, représentant un total de 10 millions de passagers chaque année dans le pays, grâce aux 250 destinations qu’elle dessert.

 

À la source de ce succès, la promesse d’un nouveau moyen de transport « flexible et peu coûteux » rappelle Charles Billiard, chargé des relations publiques à Flixbus. Créée en 2013 à Munich suite à la dérégulation du marché allemand, la compagnie de transport a étendu depuis son activité aux quatre coins du monde. Avec un service disponible dans 47 pays, Flixbus affichait l’an passé un chiffre d’affaires global de 2,1 milliards d’euros pour plus de 800 millions de personnes transportées.

 

Les « bus Macron »  ont la cote durant l’été

Dans l’Hexagone, « on continue à nous appeler les bus Macron » ironise Charles Billiard. Une référence à la loi d’août 2015, dite « Loi Macron », pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, ayant permis l’implantation des bus vert et orange en France. Neuf ans plus tard, la filiale française de Flixbus affiche une croissance record, de 40 % l’an passé par rapport à 2022.

Sur fond d’inflation, nombreux sont les Français qui ont opté ou opteront cet été pour un voyage en Flixbus. La compagnie table sur une grosse fréquentation et se dit « optimiste » pour la fin d’année à venir. La saison estivale compte « parmi les grosses séquences de l’année avec Noël et les vacances de février » se réjouit Charles Billiard.

Arrivé sur le marché avec des prix très faibles, Flixbus a rapidement séduit les Français. Son modèle économique est simple : « de faibles marges sur les tickets mais un gros volume de ventes », explique la direction. Grâce aux arrêts en gares routières effectués entre les grandes villes desservies, les bus de la compagnie « bénéficient d’un taux de remplissage de 200 à 300 % en moyenne ». Une volonté de rationaliser les coûts pour la filiale, qui a souffert à ses débuts d’un manque de rentabilité face à la concurrence.

 

Désormais, la compagnie opte pour la prévision en « adaptant son réseau plusieurs fois par an selon la demande » détaille Charles Billiard. Un objectif clair, « ne pas faire rouler de bus à vide pour économiser de l’argent et des émissions de CO2 ». Selon la société, « un trajet en bus émet 22 grammes de CO2 par personne et par kilomètre, soit 10 fois moins que l’avion par exemple » tandis qu’un « bus rempli à 60 % remplace 25 à 30 voitures ».

Des jeunes… mais pas que

Longtemps privilégié par les jeunes, Flixbus a vu sa clientèle se diversifier ces dernières années. Si « 35 à 40 % des passagers ont entre 18 et 34 ans », la compagnie « assiste de plus en plus au vieillissement de sa clientèle », avec 30 % de ses voyageurs ayant plus de 50 ans.

35 à 40 % de nos passagers ont entre 18 et 34 ans […] mais on assiste de plus en plus à un vieillissement de notre clientèle.

De retour des Jeux olympiques, Michelle et Serge ont choisi de « faire comme les jeunes », plaisantent-ils depuis la gare de Clermont-Ferrand. Le couple de septuagénaires n’en est pas à son premier trajet en Flixbus : « il faut être flexible mais ça nous va bien, l’aller-retour à Paris nous a coûté 75 euros à deux, l’équivalent de ce qu’aurait payé seulement l’un d’entre nous en train ».

 

Michelle et Serge ne le savent pas mais ils viennent d’emprunter la première ligne lancée en France par Flixbus en août 2015, entre Paris et Clermont-Ferrand. Une ligne qui compte aujourd’hui « parmi les plus empruntées chaque année », en raison des carrences du réseau ferroviaire dans la région. Et depuis neuf ans, le trajet est confié aux mêmes véhicules de la société de transport auvergnate AB Lines. Comme « une soixantaine de compagnies autocaristes en France », AB Lines s’occupe de fournir à Flixbus les autocars et les conducteurs, tandis que la société allemande, quant à elle, est « en charge du réseau, du marketing, de la communication, des normes ou encore de la formation des conducteurs ».

Après l’Europe, les États-Unis, le Brésil, le Chili ou encore l’Inde, Flixbus continue à voir grand. Ses bus vert et orange sillonnent les routes sur des lignes de plusieurs milliers de kilomètres parfois, permettant par exemple de relier Bordeaux à Bucarest, en… 55 heures.

 

Victor Delair