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World News
Май
2024

Israël de plus en plus isolé, mais pas les Israéliens

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La couverture de The Economist, fin mars, avait provoqué un vif émoi à Jérusalem : "Israël seul", dans les ruines de Gaza. Depuis, l’isolement de ce jeune pays, qui célèbre ses 76 ans ce mois-ci, s’accroît. Alors que plus de 35 000 personnes ont été tuées dans l’enclave palestinienne (selon le Hamas), la Cour pénale internationale menace d’émettre un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahou, les Etats-Unis ont gelé une livraison d’armes pour la première fois et les campus occidentaux s’enflamment contre Israël. Son Premier ministre peut multiplier les bravades, assurant que son pays peut se défendre seul, les alliances internationales relèvent en réalité de la survie pour l’Etat juif, situé au beau milieu d’un Moyen-Orient tumultueux. En refusant un cessez-le-feu et en bombardant Rafah, Israël semble prendre la pire voie qui soit : celle d’un Etat paria.

Mais ces pressions concernent avant tout le gouvernement israélien, aux mains d’une poignée d’extrémistes, sans jamais remettre en question le soutien occidental à l’Etat hébreu. Quand l’administration Biden met sur pause l’envoi de bombes à Israël, seules les plus destructrices, tuant des familles à l’aveugle, sont concernées. Et le 13 avril a montré que, quand Israël doit affronter des centaines de missiles venus d’Iran, ses alliés se mobilisent dans la minute pour lui venir en aide.

Lors de l’Eurovision aussi, les Israéliens ont pu constater qu’ils n’étaient pas seuls face à la haine. Aux milliers d’excités faisant le siège de l’hôtel d’une chanteuse d’à peine 20 ans, Eden Golan, des millions d’Européens ont répondu en prenant leurs téléphones et en déboursant 99 centimes pour la soutenir. Pas forcément par goût musical, mais par rejet d’une telle injustice. La jeune Israélienne a fini deuxième du vote des téléspectateurs.

D’urgence, un autre front doit s’ouvrir : celui du débat politique, trop souvent confisqué par des idéologues qui remplacent toute réflexion par des slogans faciles. La haine aveugle de certains étudiants voudrait ainsi empêcher la venue de l’ancien diplomate Elie Barnavi à l’Université libre de Bruxelles (ULB), intellectuel israélien opposé à la colonisation et militant infatigable du dialogue israélo-palestinien. Heureusement, la rectrice de l’ULB, Annemie Schaus, résiste et maintient son invitation. L’historien pourra démontrer son courage, son intelligence et sa nuance. Des éléments indispensables pour faire progresser la réflexion, seul remède valable à la guerre.