La statue rénovée d'un Saint-Roch fait sa rentrée au musée Douët à Saint-Flour
C’est une statue assez mystérieuse. « On en connaît ni la facture, ni la provenance, et on ne sait pas vraiment la dater », reconnaît Christian Garcelon, médiateur du musée Douët. Confectionnée probablement au XVIIe ou XVIIIe siècle, elle « faisait partie, à mon avis, d’un retable plus imposant, mais ce n’est pas une certitude. »Ce qui est sûr, c’est que le temps, et peut-être de trop nombreux lustrages à la cire d’abeille, avaient terni ce Saint-Roch, représenté avec son chien et un ange. « Il était très noirci, et restait dans nos réserves. Nous avons donc fait le choix de le faire restaurer par l’Atelier la Cerisée, et après deux passages en commission, nous avons obtenu l’autorisation et des aides de la Direction régionales des affaires culturelles (Drac), de la Région et de l’état pour le faire. »
Avec la plus grande minutie, l’ensemble sculptural a été décapé, et renforcé en ses points faibles, « avec un souci de montrer les traces du passé et des précédentes restaurations. Ce qui nous permettra d’effectuer en plus un travail de médiation sur le sujet. » Ainsi, un fil de fer reliant le bras manquant du chérubin, et le liant à Saint-Roch, a été gardé en l’état. »Le noyer ayant retrouvé son éclat, et la statuette ayant révélé « beaucoup plus d’élégance qu’elle ne le laissait supposer », elle attend désormais sa cloche pour pouvoir être exposée, dès la réouverture au printemps. « Peut-être dans le grand cabinet, à côté d’un autre Saint-Roch en notre possession, ou ailleurs. »
Yann Bayssat
