On a testé les vélos électriques en libre-service de Brive et voici ce qu'on en a pensé
"Ah vous prenez un de ces nouveaux vélos…" Les yeux pleins de curiosité, une dame entourée de jeunes enfants me regarde décrocher mon Vélibéo devant la piscine. Je voulais le prendre sur la Guierle mais le seul qui avait plus de 20 % de batterie était déjà endommagé et donc indisponible en ce jeudi 15 juin. Le phare avant et le garde-boue tordus. Pour rappel, ces 90 vélos électriques ont été mis en service il y a à peine une semaine par l’Agglo de Brive, vendredi 9 juin. Et ils connaissent déjà beaucoup de succès.
La prise en main 7/10Heureusement, je ne suis pas pressée contrairement à ce trentenaire visiblement déjà aguerri au "décrochage de vélibéo" juste à côté de moi. "Vous trouvez ça facile ?" "Oh oui, c’est très simple. Vous téléchargez l’appli, vous regardez la carte, vous rentrez le code que l’appli vous donne sur le vélo pour le décrocher…" Il a peine terminé sa phrase qu’il est déjà loin. J’ai téléchargé l’application Vélibéo (avec les accents) sur mon téléphone. Il suffit d’un nom, d’un prénom, d’une adresse mail et bien sûr de vos coordonnées bancaires.
La grille tarifaire 6/10La première demi-heure doit me coûter un euro, car j’ai pris un forfait sans engagement. Pour les abonnements mensuels (10 euros par mois) et annuel (60 euros par an), cette première demi-heure est gratuite. Dans tous les cas, au bout d’une demi-heure, je paierai cinq centimes la minute.
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Mon objectif : atteindre la station d’Ussac où il reste deux arceaux pour stationner. Ça, on peut le voir sur la carte de l’appli. Je veux tester ce vélo à assistance électrique en montée et sur des axes où les bus ne sont pas légion. La prise en main est simple. Je n’ai même pas eu besoin de régler la hauteur de la selle. Je file sur la piste cyclable en direction du rond-point de la boulangerie Berthe. Sur le plat, le vélo est agréable à piloter avec ses trois vitesses.
Le vélo en montée 2/10Le passage du pont du Buis me montre toutefois que l’engin n’est pas non plus très puissant dans les montées. Je m’attends au pire. Je laisse la montée de l’héliport à ma droite, trop ambitieuse pour mon vélo et pour mes mollets.
Je bifurque sur l’avenue Pasteur comptant filer tout droit jusqu’à la Pigeonie. Que nenni ! L’avenue du Printemps me paraît plus avenante, la pente plus douce surtout. Je suis depuis un moment sur la première vitesse, me disant "ce n’est pas parce que c’est électrique qu’il ne faut pas pédaler". Un cycliste descend à fond les ballons me jetant un regard soit moqueur, soit condescendant… Je ne sais pas pourquoi, mais ça finit d’achever ma motivation. Je pose pied à terre.
Le poids du vélo 3/10Je pousse le vélo qui est loin d’être léger. Pour l’utilisation publique, il vaut mieux qu’il soit costaud, me direz-vous. Je croise un joggeur qui me fait à peu près le même regard que le cycliste. Je ne laisserai pas tomber quitte à aller jusqu’à Ussac à pied.
150 mètres avant le rond-point en haut de la côte, je regarde le compte à rebours. Ma demi-heure à 1 euro se termine d’ici quatre minutes… C’est vrai que j’ai un peu discuté avec la dame entourée d’enfants à la piscine et surtout que je suis loin d’avoir la condition physique de Jeannie Longo. Malgré l’adversité et les regards moqueurs, je ne lâche rien. J’ai enfin atteint le chemin des crêtes, point culminant de mon aventure.
Le vélo en descente 9/10Je reprends mon souffle et entame la descente. Salvatrice ! Je file comme le vent jusqu’à Ussac tentant de regagner quelques secondes. Les freins à disques fonctionnent très bien. Arrivée devant la pharmacie qui m’offre un verre d’eau pour me requinquer, j’attache le vélo. Demande une fin de course sur l’appli : 35 minutes et 14 secondes facturées 1,30 euro. Un ticket de bus acheté à bord coûte 1,20 euro. Mais j’ai fait mon sport de la journée.
Conclusion : ce n’est pas vraiment fait pour les montées. Ces deux jeunes femmes l’ont bien compris : "On vient du campus universitaire. On va jusqu’aux Chapélies. C’est vraiment trop bien quand on n’a pas le permis et qu’on a raté le bus."
L'engouement pour le service 8/10 1.400 trajets ont été effectués et 1.972 kilomètres entre le vendredi 9 juin, 9 heures, lancement du service et le vendredi 16 juin, 9 heures, soit en une semaine d’utilisation du service de vélo à assistance électrique en libre-service, Vélibéo. 756 personnes se sont déjà d’inscrites sur l’application en une semaine pour 130 usagers. Les stations les plus utilisées sont les Chapélies, d’Arsonval, La Guierle, puis Université.
Emilie Auffret
