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Июнь
2023

Un projet de cessation d’activités chez Innov’ia 3I à Pontaumur

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Début juin, le groupe Innov’ia a convoqué une réunion extraordinaire du CSE (comité social et économique) de sa filiale, Innov’ia 3I, à Pontaumur afin d’informer les instances représentatives du personnel de la situation de l’entreprise, acquise en 1998. Un projet de cessation d’activités a été présenté à cette occasion.

Concurrence  et hausse des coûts

Le producteur d’ingrédients fonctionnels en poudre, principalement à destination de l’agroalimentaire et de l’industrie pharmaceutique, est en effet confronté "à des difficultés économiques croissantes et insolubles", explique son gérant Patrick Suescun. Plusieurs facteurs en seraient la cause : des marchés concurrentiels avec "une concentration des acteurs au niveau international" nécessitant de disposer d’une taille critique ; une "érosion de la rentabilité" avec la hausse des coûts d’exploitation liée à l’augmentation des coûts de l’énergie, des matières premières et des transports. À cela s’ajouteraient aussi le renforcement des réglementations ainsi que les difficultés de recrutement.

Les résultats d’Innov’ia 3I sont inférieurs à ses investissements depuis 2019 et elle affiche des pertes d’exploitation cumulées d’1 M€ depuis 4 ans

Un contexte où le site de Pontaumur a perdu plus de 30 % de ses volumes de production entre 2022 et 2023, représentant 4,9 M€, "en raison des travaux de mise en conformité obligatoires qui ont perturbé son organisation", estime son gérant.

16,4 M€ d'investissements nécessaires

Si 3,5 M€ d’investissements ont été réalisés entre 2019 et 2022, le groupe ne pourrait toutefois pas aller plus loin : selon une étude interne, il lui faudrait investir 16,4 M€ supplémentaires sur les 10 années à venir. Et ce "pour pouvoir envisager des perspectives de développement alors qu’Innov’ia 3I investit déjà au-delà de ses capacités".

D’où le projet de cessation d’activité porté par Innov’ia et sur lequel les instances représentatives du personnel rendront un avis ce jeudi. Concernant les volumes de production restants, ils seraient confiés aux autres sites du groupe. Pour le personnel, soit 36 salariés, plusieurs dispositifs seraient déployés : un accompagnement personnalisé pour soutenir les recherches de solutions professionnelles externes, avec la mise en place d’une Antenne-Emploi animée par un cabinet spécialisé ; un congé de reclassement rémunéré, de 7 à 8 mois ; des aides à la formation, à la création d’entreprise, à la mobilité et des primes de retour rapide à l’emploi ; un accompagnement renforcé pour les 55 ans et plus ainsi que pour les personnes fragiles.

Des mesures de reclassement au sein du groupe - à Commentry (Allier), La Rochelle (Charente-Maritime), Segré (Maine-et-Loire) et Colombelles (Calvados) - pour une vingtaine de postes identifiés seraient aussi déployées. "Nous avons aussi souhaité lancer, avec un cabinet spécialisé, une procédure de recherche d’un repreneur, indique Patrick Suescun. C’est important pour le territoire."

« C’est une catastrophe au niveau de l’emploi

Un avis partagé par le maire de Pontaumur, Charles Carrias. "C’est une catastrophe au niveau de l’emploi, réagit-il. Mais ça fait mal aussi et c’est difficile à digérer". L’élu, tout en étant conscient des difficultés, regrette "le manque de communication" ou d’unité qu’il y a pu y avoir sur ce dossier par le passé. Une mobilisation que le maire partage avec le président de la CC Chavanon Combrailles et Volcans, Cédric Rougheol. 

François Jaulhacfrancois.jaulhac@centrefrance.com