ru24.pro
World News
Июнь
2023

Le collège de La Jordanne, à Aurillac, est-il condamné ?

0

Quel avenir pour le collège de La Jordanne, à Aurillac, ses 480 élèves et ses 73 personnels ? Lors de sa session du vendredi 23 juin, le Département du Cantal, qui a en charge vingt-deux collèges publics, se penchera sur le devenir de cet établissement, qui pourrait être rayé de la carte à terme.

Deux options sont au tableau : une reconstruction sur un autre site ou sa fermeture pour avoir des collèges périphériques avec davantage d’élèves. "Construit en 1965, La Jordanne arrive en fin de vie et des travaux de réhabilitation sur ce collège de type Pailleron sont quasiment impossibles", prévient d’emblée Bruno Faure, président (LR) du Département.

De type Pailleron

Style emblématique des constructions scolaires des années 1960, caractérisé par les éléments en acier qui composent sa structure, les établissements scolaires dits "Pailleron" (*), prisés pour leur rapidité de construction, se sont multipliés dans le milieu scolaire pour faire face au baby-boom et à l’école obligatoire jusqu’à 16 ans. Première hypothèse : une reconstruction ailleurs, mais coûteuse, car estimée à 30 millions d’euros, selon Bruno Faure.

"S’il fallait, nous les mettrions pour nos jeunes. Mais comment justifier cet investissement alors qu’en même temps, nous savons que nous allons perdre 900 élèves sur la globalité du territoire à l’horizon 2030, ça va être à peu près 400 élèves de moins sur le bassin aurillacois."

Et si l’élu, qui a fait de la reconquête démographique l’enjeu de son mandat, réussit son pari de renouer avec les 150.000 habitants (le Cantal en compte 144.379 au 1er janvier 2023, NDLR), "ce sera quand même 720 collégiens en moins en 2030, selon les projections". Sans compter qu’un nouvel établissement, dimensionné pour accueillir près de 600 élèves, "risquerait de fragiliser ceux situés en périphérie aurillacoise", à savoir les collèges de Saint-Cernin, Saint-Mamet-la-Salvetat, Laroquebrou, Montsalvy ou Vic-sur-Cère.

Une fermeture pour renforcer les effectifs des autres établissements

D’où la seconde piste sur laquelle planche le Département : une fermeture pure et simple afin de renforcer les effectifs des trois autres collèges aurillacois (Jules-Ferry, Jeanne-de-la-Treilhe et La Ponétie) et de scolariser les enfants venus de la première couronne aurillacoise, de Jussac à Saint-Paul-des-Landes et de Yolet à Sansac-de-Marmiesse, aujourd’hui accueillis à Aurillac, vers les établissements extérieurs. Une éventuelle fermeture pose également la question du devenir de la dotation horaire globale (le nombre d’heures attribuées à chaque collège par la direction académique, afin d’assurer l’ensemble des enseignements, obligatoires et facultatifs, sur la semaine, NDLR) allouée actuellement à La Jordanne.

"Nous allons rencontrer les services de l’Éducation nationale, afin de nous assurer que cette dotation soit redistribuée et non pas supprimée. Le but n’est pas de perdre en qualité d’enseignement avec moins de postes."

La décision prise cet automne

Si elle devait être actée, la fermeture pourrait intervenir à la rentrée 2024-2025. "Nous ne fermerons pas l’établissement en une seule fois, mais par palier : les 6e seront réorientés dès la rentrée 2024-2025, les 5e l’année suivante et ainsi de suite", prévoit déjà Bruno Faure, qui n’ignore pas les conséquences d’une fermeture sur la vie familiale des enfants (transports, activités périscolaires, amplitude horaire…). "C’est un choix politique et d’aménagement du territoire qui est face à nous." La décision définitive sera prise cet automne.  (*) Du nom du collège qui avait brûlé et fait vingt morts, en 1973, dans le XIXe arrondissement de Paris.

Emmanuel Tremet