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Декабрь
2021

Corinne Pâquet fait du livre un objet d'art au Theil (Puy-de-Dôme)

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Dans les hauteurs du bassin ambertois, au lieu-dit du Theil, près du Monestier, Corinne Pâquet a la tête dans les nuages. Et ce n’est pas avec son métier de restauratrice de livres anciens que ça changera, et tant mieux.

« Je m'intéresse vraiment à l'objet »

Après un baccalauréat littéraire, la Blésoise d’origine entame une licence en lettres modernes. « Je voulais devenir conservatrice de bibliothèque pour travailler dans le monde des livres. Mais plus j’avançais dans mes études, plus je remarquais qu’il manquait le côté charnel, tactile de mon rapport au livre. Je m’intéresse vraiment à l’objet », distille la professionnelle de 45 ans. Celle qui se dit manuelle, férue de dessin et de peinture, se pose des questions. La réponse se trouve alors dans la reliure d’art.

« J’ai passé mon CAP art de la reliure en accéléré, en un an, parce que je possédais déjà des connaissances théoriques après mes études de lettres. Alors je passais mon temps à l’atelier. » La quarantenaire y apprend les rudiments de la reliure, couverture rigide d’un ouvrage, qui le protège et qui revêt une importance esthétique, tantôt en cuir, tantôt à coins. « Mon Diplôme des métiers d’art (DMA) passé à l’École Estienne de Paris, en deux ans, m’a permis de me perfectionner en me tournant vers la décoration, avec un côté plus artistique et des techniques plus élaborées », souligne Corinne Pâquet. Elle a aussi intégré la Bibliothèque nationale de Paris, sur concours en deux ans.

Pour découvrir le travail de Corinne Pâquet, rendez-vous sur son compte Instagram @paquet_corinne.

La reliure d’art, une évidence

Il ne lui en faut pas plus pour s’atteler à l’embellissement d’ouvrages depuis une vingtaine d’années, comme Dialogue de deux troubadours, correspondance entre George Sand et Gustave Flaubert de 1863 à 1876. « Un livre, c’est un tableau, on est libres dans la création de la reliure. » Pour la Puydômoise d’adoption, le texte et la reliure d’origine d’un livre lui confèrent sa valeur. « J’ai fait une pause en devenant assistante dentaire, mais ça ne me plaisait pas. Mon métier dans la reliure d’art s’est intégré à ma personnalité, comme un mode de vie. »

« Mon métier dans la reliure d’art fait partie de ce que je suis. »

Corinne Pâquet se rend à Paris tous les trois mois pour récupérer, dans des librairies de livres anciens, des ouvrages à restaurer dans son atelier intimiste et chaleureux au Theil. « Je propose aussi des formations pour tous, sur mon site (*). » Elle confie avoir eu besoin de dynamiser son activité et s’inscrire dans le territoire. « Il m’arrive d’avoir des commandes de personnes souhaitant que je restaure un livre de recettes de grand-mère », indique-t-elle. Chaque ouvrage qu’elle habille raconte une histoire.

Janna Beghri

(*) ateliercorinnepaquet.com.

Recyclage. Corinne Pâquet anime des ateliers à la médiathèque d’Ambert et à la gare de l’Utopie de Vertolaye. Via le Syndicat intercommunal à vocations multiples (Sivom) d’Ambert, elle a pour projet de réaliser des reliures en récupérant le matériel d’entreprises locales, comme celui d’une papeterie à Giroux Gare, afin de mettre en valeur le savoir-faire industriel du Livradois-Forez.