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Июнь
2021

Les faits et la fiction pour redonner vie à Marie-Magdeleine Pary, infirmière à Riom pendant la Seconde Guerre mondiale

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Un petit livret, quelques pages seulement. Et c’est tout un pan de l’histoire riomoise - parmi les mois les plus troublés - qui ressurgit, sous la double action de deux professeurs du collège Michel-de-l’Hospital, à Riom.

Ce carnet, exhumé d’une collection privée, est celui d’une infirmière riomoise, Marie-Magdeleine Parry, 37 ans en juin 1940, quand la cité de Saint-Amable reçoit sa part du flot des réfugiés poussés sur les routes de l’exode par l’avancée de l’armée allemande.

Riom sous un flot de réfugiés

Ce document, Fabien Pacaud et Salomé Chevolleau, enseignant l’un l’histoire et l’autre le français, ont eu l’idée d’en faire un point de départ pour un travail d’histoire et de rédaction autour de cet épisode historique.

En mai-juin 1940, alors que la bataille de France fait rage et que l’armée allemande progresse rapidement, la population civile du nord et de l’est de la France se jette sur les routes en quête d’un refuge. C’est la débâcle. Sous l’effet de ce flot de réfugiés, Riom voit sa population augmenter grandement.

Page du carnet de l'infirmière riomoise Marie-Magdeleine Parry

Infirmière, Marie-Magdeleine Parry est mobilisée pour participer à l’accueil de ces hommes, femmes et enfants souvent démunis. Son livret porte la trace de cet engagement : « Hôpital temporaire de la Croix Rouge 17 juin et début de juillet ; poste de secours à la gare de Riom cinq jours fin juin… » Puis encore : le marché pour la cantine des réfugiés, des visites médicales, des permanences au centre d’accueil…

Le fictif prend le relais des faits

Ces brèves annotations sont un début. Mais elles ne renseignent pas beaucoup sur ce que fut le quotidien de cette infirmière à Riom dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale.

C’est là que l’intervention du professeur d’histoire s’arrête. Et c’est ici précisément que débute celle de la professeure de français. La fiction prend le relais des faits, la créativité comble les vides du carnet.

Pour redonner vie à Marie-Magdeleine Parry, pour recréer cette époque si particulière et bousculée, les élèves de cette classe de troisième ont puisé dans leur imagination et dans leurs connaissances.

Journal intime imaginaire

Leurs réflexions ont été retranscrites sous la forme d’un journal intime. « Il m’est de plus en plus difficile de laisser de côté mes émotions, mon envie de pleurer. Mais je dois rester forte, mettre de côté ma tristesse afin d’aider au mieux tous ces malheureux. Ma présence et celle de mes collègues ne leur permettront pas de retrouver leur inconscience mais notre soutien reste malgré tout important », imagine Manon Masseret, l’une des élèves. « J’apprécie de plus en plus le fait de me sentir véritablement importante au sein de l’hôpital mais aussi à l’échelle de la France car, même avec des actions plutôt banales comme soigner des réfugiés, des Juifs ou encore des Riomois, je pense que c’est quand même une belle contribution pour venir en aide à notre pays durant cette guerre et cette occupation allemande », rapporte de son côté Lali Blanc, une autre élève.

Pour les collégiens comme pour les enseignants, l’exercice est réussi : la littérature est parvenue à retranscrire une réalité historique en lui donnant des émotions, une humanité.

La cellule des solitudes de Jean Zay au sein de l'ancienne maison d'arrêt de Riom

Jean-Baptiste Ledys