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Март
2021

Avec le printemps, c'est le retour vers les jardins à Aurillac (Cantal)

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Le printemps est là. Ou presque… Si les températures sont encore hivernales, les beaux jours ont déjà montré le bout de leur nez et ne devraient pas tarder à s’imposer un peu plus. Une bonne raison donc de passer du temps dans son jardin. C’est ce que font au quotidien, les habitués des jardins ouvriers de la Résinie, au nord d’Aurillac.

« J’y viens tous les jours, même l’hiver, précise Jean Combe, 84 ans, dont plus de la moitié à bêcher la terre de son petit jardin. Cela fait quarante-trois ans que je loue une parcelle des jardins de la Résinie. »

Le jardin pour se maintenir en forme

Comme l’explique cet habitant d’Aurillac rencontré mercredi dernier dans la matinée alors que le vent était encore froid, « il y a toujours quelque chose à faire. Et encore plus en ce moment. Il faut retourner la terre. Il y a quinze jours, j’ai planté les petits pois. Les carottes aussi. Idem pour les oignons et les échalotes dont la récolte aura lieu fin juillet-début août. J’ai aussi planté des poireaux, de la salade. Et bientôt, ce sera les pommes de terre, des Mona Lisa. Le jardin me tient en forme. Je soigne aussi les oiseaux, je leur donne du pain et des graines. »

L’octogénaire qui fait partie du conseil d’administration des Jardins du Foyer, l’association gérant ces dizaines de petits jardins (195 à la Résinie, 254 en tout), explique que cette dernière est « débordée par les demandes. Cette année, il y a eu au moins 25 demandes non satisfaites. »

Profiter quotidiennement de son jardin

Une affluence qui est peut-être l’une des conséquences de la crise sanitaire et du retour vers la nature de beaucoup de personnes. En tout cas, Jean est très heureux de pouvoir profiter quotidiennement de son petit jardin cette année, d’autant plus que le début de la pandémie avait été bien différent.

L’an dernier, les jardins avaient été interdits d’accès pendant trois semaines (*). Ensuite, on a été autorisés à y aller pour ramasser les légumes, deux jours par semaine. Ça nous avait manqué.

Un peu plus loin, Jean-Michel Felgines, 77 ans, vient aussi quotidiennement : « Tant que je peux venir m’occuper du jardin, je le fais. Ça fait vingt-deux ans que je jardine ici. Le matin, parfois l’après-midi. Ma parcelle fait 258 m². Je viens pour surveiller, pour arroser et puis l’été quand il fait beau, on est bien. Ma cabane est bien équipée, on vient y manger, j’ai installé des chaises juste devant. Dans le coin des jardins où je suis, il y a une bonne ambiance. On s’entraide. J’ai un ami qui a 88 ans et il vient encore s’occuper de son petit jardin. »

Lui aussi se souvient de la période du premier confinement de cette privation de jardinage pendant quelques jours : « Ensuite, en avril on a pu y retourner, mais d’abord seulement un jour sur deux puis une heure par jour puis enfin de 14 heures à 18 heures. Là, c’était bon ! » En attendant, question potager, « On n’est pas en avance : les petits pois ne sont pas aussi hauts qu’ils pourraient l’être à cette période. »

Et s’il s’y connaît pour tout ce qui concerne le potager, Jean-Michel n’oublie pas le pouvoir des fleurs, cher à Laurent Voulzy : 

Il y a un petit coin pour les fleurs. Je m’en occupe avec ma femme. 

On peut y voir de belles jonquilles comme autant de petits soleils alors que le vrai perçait quelques nuages avec peine mercredi dernier. Comme la promesse d’un printemps radieux.

Remettre les mains dans la terre 

Un printemps qu’attendent également les jardiniers du dimanche comme Jacky qui est passé cette semaine dans une jardinerie pour « acheter du terreau pour les citronniers et des graines pour les oiseaux. Et même éventuellement un rosier ou un arbuste sur pied. »

Cet habitant de Naucelles le confirme, le printemps est « la période où on remet les mains dans la terre. Je commence à m’organiser pour. Je viens d’avoir une opération à l’épaule. J’y retourne doucement. » Et à en croire le monde dans les allées, il n’était pas le seul…

Clément Bessoudoux

(*) Les quatre jardins ouvriers d’Aurillac et d’Arpajon-sur-Cère avaient été rouverts le 10 avril après une fermeture au début du confinement, le 17 mars 2020.