Une semaine après le déconfinement, un système de dépistages efficace au centre Covid-19 de Brioude (Haute-Loire)
Le centre de premier recours de Brioude, réservé aux personnes présentant des signes d’infection n’est désormais plus tout seul dans les locaux du Foyer-Restaurant, impasse du Docteur-Court. Depuis le 11 mai, le laboratoire de biologie médicale, Oxylab, a installé ses tests pour effectuer des dépistages du Covid-19.
Le dispositif est plutôt en place. Quand on a besoin de prélever des gens cela se fait de manière très fluide. Le laboratoire est très efficace dans les prélèvements. Cela représente une quinzaine de tests par jour.
Des dépistages immédiats pour les cas suspectsTout d’abord, les médecins reçoivent les patients symptomatiques au cabinet dédié. Les cas suspects sont tout de suite testés dans la foulée de l’examen clinique.
Nous avons les réponses des tests dans les 24 heures. La plupart des tests reviennent négatifs.
Le laboratoire s’occupe, lui, des cas contacts, c’est-à-dire des personnes qui ont été en relation avec les malades s'ils sont contrôlés positifs. Le laboratoire est présent tous les après-midi de la semaine, au centre Covid-19, pour réaliser ces tests. Les dépistages se font principalement sur prescription médicale et sur rendez-vous avec le laboratoire. « Il y a une préparation à faire en amont pour réaliser les tests, d’où l’importance de prendre rendez-vous. » Les généralistes rappellent qu’il n’y a toujours pas de sérologies disponibles pour le grand public.
Et pour l’entourage du patient si la contamination est confirméeEn France, le seul test fiable recommandé pour le dépistage du Covid-19 est le test virologique par PCR, avec un petit écouvillon dans le nez. Le test sérologique dans le sang est toujours en cours d’évaluation. Si le patient source est positif au virus, alors là, une procédure spécifique est mise en place.
Tout l’environnement du malade va être testé et seulement dans ce cas, les tests se feront sans prescription du médecin et sans même en avoir vu un. Puisque ce sera protocolaire, dès que l’on a été en contact avec quelqu’un qui a le Covid-19, on est testé.
Mais, dans les faits, l’entourage du malade est prélevé uniquement pour les personnes qui ont des symptômes de Covid-19 comme la toux et la fièvre.
On ne prélève pas des gens sans suspicion, même s’ils ont été plus ou moins en contact avec un cas confirmé. Ce sont les médecins généralistes qui renseignent tout ça. On se doit de faire l’enquête et de transmettre toutes ces informations à la Sécurité sociale. Le cas de figure ne s’est pas produit, car nous n’avons pas eu encore de test positif.
Les médecins sont donc chargés de remplir un formulaire avec l’identité du malade. Le formulaire est ensuite transmis à la Sécurité sociale qui envoie directement aux cas contacts une ordonnance de dépistage.Les tests, en plus du personnel soignant, sont maintenant accessibles aux personnes qui doivent subir une opération chirurgicale. « On fait aussi quelques tests pour les personnes qui vont se faire opérer. Les chirurgiens demandent que les patients soient testés pour rentrer dans un bloc opératoire. »
Une baisse constante du nombre de consultationsLe 11 mai a marqué la date du déconfinement mais pas celle de la circulation du virus. Une semaine après, qu’en est-il du nombre de patients au cabinet Covid-19 de Brioude ?
Une dizaine de patients chaque jour, en moyenne.
Les horaires du cabinet de premier recours n’ont pas changé depuis la semaine dernière. Le centre est ouvert uniquement de dix heures à midi, sans rendez-vous, du lundi au samedi avec un seul médecin au lieu de deux auparavant. Le week-end et les jours fériés, les patients doivent appeler le médecin de garde au 04.71.04.33.33 (Ils peuvent aussi composer ce numéro de régulation en semaine). Au plus fort de l’épidémie, pendant les semaines qui ont suivi le confinement, du 17 mars, le cabinet pouvait accueillir près d’une vingtaine de patients par jour, le double d’aujourd’hui.
Pour le moment, à Brioude, le virus ne semble pas beaucoup circuler. De semaine en semaine, cela est susceptible de changer assez facilement et rapidement.
Les généralistes notent le respect du port du masque, du moins pour les personnes qui viennent dans leur cabinet. « Globalement les gens sont relativement prudents. » D’ici quinze jours, trois semaines, « on y verra peut-être plus clair. On ne s’attendait pas à ce que ça bouge beaucoup. A priori la situation sanitaire s’est quand même améliorée, pour la suite on ne sait pas. »
Mathias Souteyrat
