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Январь
2020

Le débat sur l'eau tourne à l'affrontement politique au conseil municipal de Guéret

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C’est l’une des dernières fois où Michel Vergnier agite la clochette annonçant le début de séance. Mais pas le temps pour la nostalgie. Rapidement, le dossier de demande de délégation de la compétence eau à l’Agglo arrive sur la table. Pour rappel, depuis le 1er janvier, la loi impose que l’Agglo assure cette compétence. Or, la Ville peut la conserver par délégation si elle le souhaite. Et elle le souhaite. Michel Vergnier, le maire PS, veut avancer vite. Très vite.

Une demande de délégation trop précoce d'après Eric Correia

Éric Correia, qui commence doucement car il sait qu’il marche sur des œufs, précise que l’Agglo a commencé à travailler sur le sujet. Mais, car il y a toujours un « mais » entre les deux hommes, le président PS de l’Agglo du Grand Guéret souhaite rappeler que le souci reste le même qu’en décembre. « Je ne vais par refaire le débat mais on craignait que la délibération n’ait pas de fondement légal car elle est précoce. » Juridiquement, tout ne serait pas réglé. Rappelant que la préoccupation reste la même pour tous : proposer une eau de qualité et le meilleur service possible. Pour Éric Correia, il est encore trop tôt car la politique en la matière n’a pas été encore débattue. Ni choisie. « Ce débat ne pourra avoir lieu qu’avec les nouvelles équipes. Il faut le temps de construire tout ça. » C’est ce que souhaitent faire d’autres communes comme Saint-Vaury, d’après celui qui est candidat sur une liste d’ouverture, sans Michel Vergnier mais avec les Verts.

Jean-Bernard Damiens, adjoint écologiste, estime lui aussi que cette délibération a été prise dans la précipitation. Rien ne sert de courir donc, mieux vaut partir à point ! Mais Michel Vergnier, pas du tout d’accord, perd son calme lorsque son adjoint en charge du développement durable balance que la délibération a été retoquée. « Faux, répond l’intéressé. C’est la date qui n’était pas valable. » Bref, on s’écharpe sur des détails. Son voisin secoue la tête. Michel Vergnier lui lance un «avec vous, c’est pas la peine ! » Et voilà comment des amis vieux de trente ans ne peuvent plus se causer calmement. « On vient déjà de frôler l’incident », comme dirait l’un des Tontons flingueurs.

Y a t-il une divergence sur la vision de l'intercommunalité?

Peut-être parce que derrière ce combat pour la conquête de la mairie qui transpire ce soir, il y a tout de même un enjeu de taille : l’eau. D’ailleurs David Gipoulou, qui est à l’origine d’une liste d’union de gauche avec Michel Vergnier et les communistes, estime qu’il y a divergence sur la philosophie intercommunale. «Nous, nous la considérons comme un outil technique. Tout commence dans les conseils municipaux. » Pour lui, ne pas prendre de délibération rapidement aurait été « aventuriste, avec le risque de se lancer dans un processus que nous ne contrôlions pas ».Le débat ne devait pas être relancé… Pourtant, il l’est. Éric Correia ne peut pas laisser passer l’attaque. Oui, il se retrouve « dans une partie » du discours de David Gipoulou. Mais non, « ça ne sert à rien d’opposer la commune et l’Agglo. » Puis, de toute façon, « c’est la loi. On ne fait que l’appliquer ». Et voilà comment on est reparti dans un échange entre les deux hommes jusqu’à l’intervention de Serge Cédelle. L’adjoint aux finances rappelle que cette délibération est soumise à la discussion. Puis il y a la date butoir du budget. Le ton monte de nouveau avec Jean-Bernard Damiens.Jean-François Thomas, conseiller d’opposition, tente de jouer les arbitres : « On dit que ce dossier n’est pas politique. On voit tout de même une faille entre deux camps. Le ton est beaucoup monté ces derniers mois ». L’élu refuse de prendre parti, il ne participera pas à ce vote. Michel Vergnier se sent contraint de rappeler que ce sont « les habitants qui comptent ». Selon lui, il n’y a pas de doute, « la gestion de l’eau doit pouvoir se faire au quotidien ». Au final, même si cette délibération est loin de faire l’unanimité, elle sera adoptée.

Virginie Mayet