Crimes de Montluçon : un expert met en avant « la dangerosité psychiatrique importante » d’un des accusés
Zaki A.T. naît en octobre 1998 à Mayotte, d’un père employé communal et d’une mère qui travaille dans une école maternelle. Enfant, il fréquente l’école coranique et l’école publique, où il reçoit des punitions physiques. Il se prend également des coups de ceinture de son père quand il sèche les cours, déclare-t-il. Le Mahorais commet des premiers actes de délinquance quand il a douze ou treize ans.
Il atterrit à Montauban puis part à MontluçonSes parents l’envoient en métropole en 2013 en raison de ses problèmes scolaires et de son comportement. Il loge tout d’abord chez un demi-frère à Montauban, entame puis abandonne une formation dans un lycée professionnel. Il part ensuite à Montluçon, chez son frère, où il intègre la Mission locale et effectue des stages dans la restauration. Il est alors un consommateur habituel d’alcool et de cannabis, indique-t-il.
Ses parents l'envoyaient aux Comores pour voir un sorcier« Je suis habité par le mal », a confié Zaki A.T. à l’enquêtrice de personnalité. Ses parents l’ont envoyé à plusieurs reprises aux Comores pour qu’il rencontre un sorcier, afin de le désenvouter.
Il présente « une dangerosité psychiatrique importante »Le psychiatre Patrick Moreau, présent ce jeudi matin aux assises, assure que ce jeune homme n’était pas atteint d’un trouble psychiatrique au moment des faits, qui aurait pu abolir ou altéré son discernement.
Il affirme sans tergiverser qu’il présente « une dangerosité psychiatrique importante ».
Le psychologue Alexandre Fernandez voit en Zaki A.T. une personnalité psychopathique, constate une absence d’émotions quand il relate les faits et une absence de culpabilité. Selon lui, l’efficacité des soins présente peu d’espoir.
Un comportement loin d'être exemplaire en prisonSa détention a été émaillée d'incidents. Dès le mois de juin 2017, il a dégradé des murs et des portes du centre pénitentiaire de Riom, puis, en août 2017, a craché en direction d’un chef de détention. Il lui est également reproché d’avoir commis des violences sur des codétenus ou d’avoir saccagé sa cellule.
Guillaume Bellavoine
